Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Là mes sœurs folâtraient, et le vent dans leurs jeux
Les suivait en jouant avec leurs blonds cheveux !
Là, guidant les bergers aux sommets des collines.
J'allumais des bûchers de bois mort et d'épines,
Et mes yeux, suspendus aux flammes du foyer,
Passaient heure après heure à les voir ondoyer.
Là, contre la fureur de l'aquilon rapide
Le saule caverneux nous prêtait son tronc vide,
Et j'écoutais siffler dans son feuillage mort
Des brises dont mon âme a retenu l'accord.
Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme.
Dans ia saison des nids nous berçait sur sa cime,
Le ruisseau dans les prés dont les dormantes eaux
Submergeaient lentement nos barques de roseaux,
Le chêne, le rocher, le moulin monotone.
Et le mur au soleil où, dans les jours d'automne.
Je venais sur la pierre, assis près des vieillards.
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards!
Tout est encor debout; tout renaît à sa place;
De nos pas sur le sable on suit encor la trace;
Rien ne manque à ces lieux qu'un cœur pour en jouir,
Mais, hélas! l'heure baisse et va s'évanouir!
DÉSENCHANTEMENT.
Quand la voix du passé résonnait dans son âme,
Les regards d'Ossian étincelaient de flamme,
Le vol de sa pensée agitait ses cheveux,
Sa harpe frémissait dans ses genoux nerveux,
Et ses accents, pareils au murmure des ondes.
Coulaient à flots pressés de ses lèvres fécondes,
Comme un torrent d'hiver, qu'on ne peut contenir,
Le vieillard n'était plus que voix et souvenir.
0 puissance de l'âme! ô jeunesse éternelle!
Qu'une douce mémoire en nos seins renouvelle____
Sur ma lyre, Ossian! je ne vois pas encor
Flotter mes cheveux blancs parmi ses cordes d'or,
Mon cœur est tiède encor des feux de ma jeunesse.
Je n'ai pas tes longs jours, j'ai déjà ta tristesse;