Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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ce qui manquait même â la civilisation de son temps. Il n'est pas
jusqu'au caractère de la femme coupable qu'il n'ait su tempérer par
quelques traits empruntés à l'observation de la nature, et dictés par
des sentiments plus doux. Lady Macbeth, si cruelle dans son am-
bition et dans ses projets, recule avec effroi devant le spectacle dn
sang; elle inspire le meurtre et n'a pas la force de le voir. Ger-
trude, jetant des fleurs sur le corps d'Orphélia, excite l'intérftt
malgré son crime.
Xliiers, né en 1797.
On doit â cet habile écrivain V Histoire de la Révolution française
< L celle dn Consulat et de VUmpire, Sa manière est essentiellement
pratique. //Doué d'un admirable bon sens, d'une merveilleuse
facilité à tout voir, à tout comprendre, à tout expliquer, il semble
porter la clarté avec lui: la lumière l'accompagne jusque dans les
questions les plus difficiles: lois, commerce, finances, tactique mili-
taire, tout devient aisé, intéressant pour le lecteur, dès que Thiers
} a touché." 1)
MORT DE MIRABEAU-
Des pressentiments de mort se mêlaient à ses vastes projets, et
quelquefois en arrêtaient l'essor. Cependant sa conscience était
satisfaite; l'estime publique s'unissait à la sienne, et l'assurait que,
s'il n'avait jtas encore assez fait pour le salut de l'État, il avait
du moins assez fait pour sa propre gloire. Pàle, et les yeux
profondément creusés, il paraissait tout changé à la tribune, et
souvent il était saisi de défaillances subites; les excès de plaisir et
de travail, les émotions de la tribune, avaient usé en peu de temps
cette existence si forte. La cour était alarmée, tous les partis
étonnés, et, avant sa mort, on s'en demandait la cause. Une
dernière fois, il prit la parole à cinq reprises différentes, sortit
épuisé et ne reparut plus. Le lit de mort le reçut et ne le rendit
qu'au Panthéon. Il avait exigé qu'on n'appelât pas de médecins;
néanmoins on lui désobéit, et ils trouvèrent la mort qui s'appro-
chait, et qui déjà s'était emparée des pieds. La tête fut atteinte
Is dernière, comme si la nature avait voulu laisser briller son génie
1) Demogeot,