Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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constituer. Aussi quand l'œuvre paraît consommée, quand tout
l'Occident et une partie de l'orient sont tombés sous la domination
romaine, vous voyez cette prodigieuse quantité de cités, de petits
États se désunir, se détacher, s'échapper pour ainsi dire en tous sens.
Ce fut là une des causes qui amenèrent la nécessité de l'Empire,
d'une forme de gouvernement plus concentrée, plus capable de tenir
unis des éléments si peu cohérents. L'empire essaya de porter de
l'unité et du lien dans cette société éparse. Il y réussit jusqu'à un
certain |)oint. L'idée du despotisme, du pouvoir central pénétra
dans les esprits avec une facilité singulière. On est étonné de voir
dans cette collection de petites républiques, dans cette association
de municipalités, prévaloir rapidement le respect de la majesté im-
périale, unique, auguste et sacrée. Il fallait que la nécessité d'éta-
blir quelque lieri entre toutes ces parties du monde romain fut bien
j'iiissante, pour que le despotisme trouvât dans les esprits un si
facile accès.
C'est avec cette organisation que l'empire romain a lutté contre
ia dissolution qui le travaillait intérieurement, et contre l'invasion
des iiarbares. il a lutté longtemps, dans un état continuel de
décadence, mais se défendant toujours. Uu moment est enfin arrivé
où la dissolution a prévalu; ni le savoir-faire du despotisme, ni le
^aisser-aller de la servitude n'ont plus suffi pour maintenir ce grand
corps. Au quatrième siècle on ie voyait partout se désunir, se
démembrer: les Barbares entraient de tous côtés; les provinces ne
résistaient plus et ne s'inquiétaient plus de la destinée générale.
CLOVIS.
On a prétendu étudier la politique de Clovis et peindre son carac-
tère ; on lui a prêté les combinaisons, les vues, ies sentiments tantôt
d'un conquérant à vastes desseins, quelquefois d'un profond légis-
lateur. D'autres se sont élevés contre ses vices, ses crimes, iui ont
refusé tout mérite, toute gloire, et n'ont voulu voir en iui qu'un
heureux et odieux Barbare. Les uns ont inventé un homme, ies
autres ont méconnu des faits. Le caractère individuel de Ciovis nous
est inconnu; la politique prévoyante et régulière qu'on lui attribue
était impossible dans sa nation et de son temps. Tout ce qu'on
peut dire, et ce que les faits ne permettent pas de nier, c'est qu'il
était, au milieu des Barbares, un Barbare doué de facultés supéri-