Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
262
que d'imaginer que cet elTort de la nature, pour pénétrer en nous,
annonce une mystérieuse signification! Pourquoi cet ébranlement
intime, qui paraît nous révéler ce qui nous cache la vie commune,
serait-il à la fois sans cause et sans but? La raison, sans doute
ne peut l'expliquer. Lorsqu'elle l'analyse, il disparaîL Mais il est
par là même essentiellement du domaine de la poésie. Consacré par
elle, il trouve dans tous les cœurs des cordes qui lui répondent. Le
sort énoncé par les astres, les songes, les pressentiments, les présages,
les ombres de l'avenir qui planent autour de nous, souvent non
moins funèbres que les ombres du passé, sont de tous les pays, de
tous les temps, de toutes les croyances. Quel est celui qui, quand
un grand intérêt l'anime, ne prête pas, en tremblant, l'oreille à ce
qu'il croit être la voix de la destinée? Chacun, dans le sanctuaire
de sa pensée, s'explique cette voix comme il peut, chacun s'en tait
avec les autres, puisqu'il n'y a point de paroles pour mettre en com-
mun ce qui n'est jamais qu'individuel.
Paul-Iiouis Courrier, né en 1773, mort en 1825.
C'est un des meilleurs prosateurs modernes, au langage franc,,
naturel et de bon a!oi. Ses lettres surtout sont un modèle de style
épistolaire. 11 est à regretter qu'il ait mis trop d'amertume dans
ses jugements et que des préventions politiques aient aveuglé son
impartialité.
A M. GHLEWASRT Â TOULOUSE.
Rome, le 8 Janvier 1799.
— //Dites à ceux qui veulent voir Rome qu'ils se hâtent, car
chaque jour le fer du soldat et la serre des agents français flétris-
sent ses beautés naturelles et la dépouillent de sa parure. Permis
à vous, Monsieur, qui êtes accoutumé au langage naturel et noble
de Pantiquité, de trouver ces expressions trop fleuries, ou même
trop fardées, mais je n'en ai pas d'assez tristes pour vous peindre
l'état de délabrement, de misère et d'opprobre où est tombée cette
pauvre Rome, que vous avez vue si pompeuse, et de laquelle à pré-
sent on détruit jusqu'aux ruines. On s'y rendait autrefois, commfr
vous savez, de tous les pays du monde. Combien d'étrangers qui
n'y étaient venus que pour un hiver, y ont passé toute leur vie V
Maintenant il n'y reste qoe ceux qui n'ont pu fuir, ou qui, le poi-