Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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ne peuvent en donner une idée. En vain dans nos champs cultivés,
l'imagination cherche à s'étendre; elle rencontre de toutes parts les
habitations des hommes: mais dans ces pays déserts, Pâme se plaît
à s'enfoncer dans un océan de forêts, à errer aux bords des lacs
immenses, à planer sur le goulfre des cataractes, et, pour ainsi
dire, à se trouver seule devant dieu.
LES CATACOMBES.
Un jour j'étais allé visiter la fontaine Égérie : la nuit me surprit.
Pour regagner la voie Appienne, je me dirigeai vers le tombeau de
Cécilia Métella 1), chef-d'œuvre de grandeur et d'élégance. En traver-
sant des champs abandonnés, j'aperçus plusieurs personnes qui se
glissaient dans l'ombre, et qui toutes, s'arrêtant au même endroit,
disparaissaient subitiîment. Poussé par la curiosité, je m'avance et
j'entre hardiment dans la caverne où s'étaient plongés les mystérieux
fantômes. Je vis s'allonger devant moi des galeries souterraines,
qu'à peine éclairaient de loin quelques lampes suspendues. Les murs
des corridors funèbres étaient bordés d'un triple rang de cercueils;
placés les uns au-dessus des autres. La lumière lugubre des lampes
rampant sur les parois des voûtes, et se mouvant avec lenteur le
long des sépulcres, répandait une mobilité effrayante sur des objets
éternellement immobiles.
En vain, prêtant une oreille attentive, je cherche à saisir quel-
ques sons pour me diriger à travers un abîme de silence ; je n'entends
que le battement de mon cœur dans le repos absolu de ces lieux.
Je voulus retourner en arrière, mais il n'était plus temps: je pris
une fausse route, et au lieu de sortir du dédale, je m'y enfonçai.
De nouvelles avenues qui s'ouvrent et se croisent de toutes parts,
augmentent à chaque instant mes perplexités. Plus je m'efforce de
trouver un chemin, plus je m'égare ; tantôt je m'avance avec len-
teur; tantôt je passe avec vitesse. Alors, par un effet des échos qui
répétaient le bruit de mes pas, je croyais entendre marcher précipi-
tamment derrière moi.
Il y avait déjà longtemps que j'errais ainsi; mes forces commen-
çaient à s'épuiser, je m'assis à un carrefour solitaire de la cité des
morts. Je regardais avec inquiétude la lumière des lampes presque
1) Cette patronne des musiciens souffrit le martyre sous l'empe-
reur Marc-Aurèle.