Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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J'agace mes tisons, mon adroit artifice
Reconstruit de mon feu Télégant édifice:
J'éloigne, je rapproche et du hêtre brillant
Je corrige le feu trop rapide ou trop lent.
Chaque fois que j'ai pris mes pincettes fidèles
Parlent en pétillant des milliers d'étincelles.
J'aime à voir s'envoler leurs légers bataillons :
Que m'importent du nord les fougueux tourbillons?
La neige, les frimas, qu'un froid piquant resserre,
En vain sifflent dans l'air, en vain battent la terre.
Quel plaisir, entouré d'un double paravent.
D'écouler la tempête et d'insulter au vent!
Qu'il est doux, à Tabri du toit qui nous protège,
De voir à gros flocons s'amonceler la neige!
Leur vue à mon foyer prête un nouvel appas:
L'homme se plaît à voir les maux qu'il ne sent pas.^
Mon cœur devient-il triste et ma tête pesante,
Eh bien, pour ranimer ma gaîté languissante,
La fève de Moka, la feuille de Canton
Vont verser leur nectar dans l'émail du Japon.
Dans l'airain échauffé déjà l'onde frissonne,
Bientôt le thé doré jaunit l'eau qui bouillonne,
Ou des grains du Levant je goûte le parfum.
Point d'ennuyeux causeur, de témoin importun.
Lui seul, de ma maison exacte sentinelle,
Mon chien, ami constant et compagnon fidèle.
Prend à mes pieds sa part de la douce chaleur.
Et toi, charme divin de l'esprit et du cœur.
Imagination, de tes vagues chimères
Fais passer devant moi les figures légères.
A tes songes brillants que j'aime à me livrer !
Sur ce brasier en feu qui va le dévorer,
Par toi ce chêne en feu nourrit ma rêverie ;
Quelles mains l'ont planté? quel Sol M sa patrie?
Sur les monts escarpés bravait-il l'aquilon?
Bordait-il le ruisseau? parait-il le vallon?
Peut-être il ombrageait la colline que j'aime,
Peut-être sous son ombre ai-je rêvé moi-même.
Tantôt environné d'auteurs qne je chéris.
Je prends, quitte et reprends mes livres favoris.