Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Tu vois nos citoyens plus puissants que des rois:
Nos mœurs changent, Brutus; il faut changer nos lois.
La liberté nest plus que le droit de se nuire:
Rome, qui détruit tout, semble enfin se détruire;
Ce colosse effrayant, dont le monde est foulé.
En pressant l'univers est lui-même ébranlé;
Il penche vers sa chute, et contre la tempête
Il demande mon bras pour soutenir sa tête;
Enfin, depuis Sylla, nos antiques vertus,
Les lois, Rome, l'État, sont des noms superflus.
Dans nos temps corrompus, pleins de guerres civiles,
Tu parles comme au temps des Dèces, des Emiles.
Caton t'a trop séduit, mon cher fils, je prévois
Que ta triste vertu perdra l'État et toi.
Fais céder, si tu peux, ta raison détrompée
Au vainqueur de Caton, au vainqueur de Pompée,
A ton père qui t'aime, et qui plaint ton erreur.
Sois mon fils en efl'et, Brutus; rends-moi ton cœur;
Prends d'autres sentiments, ma bonté t'en conjure;
Ne force point ton àme à vaincre la nature.
LE SOMMEIL ET L'ESPÉRANCE,
Du dieu qui nous créa la clémence infinie,
Pour adoucir les maux de cette courte vie,
A placé parmi nous deux êtres bienfaisants.
De la terre à jamais aimables habitants.
Soutiens dans les travaux, trésors dans l'indigence:
L'un est le doux Sommeil, et l'autre est l'Espérance.
L'un, quand l'homme accablé sent de son faible corps
Les organes vaincus sans force et sans ressorts,
Vient par un calme heureux secourir la nature,
Et lui porter l'oubli des peines qu'elle endure;
L'autre anime nos cœurs, enflamme nos désirs,
Et, même en nous trompant, donne de vrais plaisirs.
Mais aux mortels chéris à qui le Ciel l'envoie.
Elle n'inspire point une infidèle joie;
Elle apporte de dieu, la promesse et l'appui;
Elle est inébranlable et pure comme Lui.