Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Mi'c froid; le soleil après son coucher avait laissé dans le ci !
des vapeurs rouges, dont ia réflexion rendait l'eau couleur de rose;
les arbres des terrasses étaient chargés de rossignols qui se répon-
daient Tun à l'autre. Je me promenais dans une sorte d'extase,
livrant mes sens et mon cœur à la jouissance de tout cela, absorlf'
dans ma douce rêverie, je prolongeai fort avant dans la nuit mi
promonade, sans m'apercevoir que j'étais las. Je m'en aperçu^
enfin. Je me couchai voluptueusement sur la tablette 1) d'une espèce
de niche ou d'arcade enfoncée dans un mur de terrasse: le ciel de
mon lit était formé par les têtes des arbres; un rossignol était
précisément au-dessus de moi; je m'endormis à son chant; mon
sommeil fut doux, mon réveil le fut davantage. Il était grand jour;
mes yeux en s'ouvrant virent le soleil, l'eau, la verdure, un paysage
admirable. Je me levai et me secouai. La faim me prit, je
m'acheminai gaiement vers la ville.
LE LEVER DU SOLEIL-
On le voit s'annoncer de loin par les traits de feu qu'il lance
au-devant de lui. L'incendie augmente; l'orient paraît tout en
flammes: à leur éclat, on attend l'astre longtemps avant qu'il se
montre; à chaque instant on croit le voir paraître; on le voit
enfin. Un point brillant part comme un éclair, et remplit aussitôt
tout l'espace; le voile des ténèbres s'eflace et tombe; l'homme
reconnaît son séjour, et le trouve embelli. La verdure a pris,
pendant la nuit, une vigueur nouvelle; le jour naissant qui l'érlaire,
les premiers rayons qui la dorent, la montrent couverte d'un
brillant réseau de rosée, qui réfléchit â l'œil la lumière et les
couleurs. Les oiseaux, en chœur, se réunissent et saluent de concert
le père de la vie; en ce moment pas un seul ne se tait. Leur
gazouillement, faible encore, est plus lent et plus doux que dans
le reste de la journée: il se sent de la langueur d'un paisible
réveil. Le concours de tous ces objets porte aux sens une im-
pression de fraîcheur, qui semble pénétrer jusqu'à l'àme. Il y a
là une demi-heure d'enchantement, auquel nul homme ne résiste :
un spectacle si grand, si beau, si délicieux, n'en laisse aucun de
sang-froid.
1) Pièce de pierre ci' de bois de peu d'épaisseur.