Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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guerre. Ils touchaient au pays inaccessible du Caucase, rempli
de nations féroces dont on pouvait se servir ; de là ils s'étendaient
sur la mer du Pont: iMithridate ia couvrait de ses vaisseaux, et
allait continuellement acheter de nouvelles armées de Scythes;
l'Asie était ouverte à ses invasions; il était riche, parce que ses
villes sur ie Pont-Euxin faisaient un commerce avantageux avec
des nations moins industrieuses qu elles.
Les proscriptions, dont la coutume commença dans ces temps-là ,
obligèlent plusieurs Romains de quitter leur patrie. Mïthridate
les reçut à bras ouverts; il forma des légions, où il les fit entrer,
q[Ui furent ses meilleures troupes.
D'un autre côté, Rome, travaillée par ses dissensions civiles,
occupée de maux plus pressants, négligea les affaires d'Asie, et
laissa Mithridate suivre ses victoires, ou respirer après ses défaites.
Rien n'avait plus perdu la plupart des rois que le désir manifeste
qu'ils témognaient de la paix ; ils avaient détourné par-là tous le&
autres peuples de partager avec eux un péril dont ils voulaient
sortir eux-mêmes. Mais Mithridate fit d'abord sentir à toute la
terre qu'il était ennemi des Romains, et qu'il le serait toujours.
Enfin les villes de Grèce et d'Asie, voyant que le joug des
Romains s'appesantissait tous les jours sur elles, mirent leur confi-
ance dans ce roi barbare qui les appelait à la liberté.
Cette disposition des choses produisit trois grandes guerres, qui
forment un des beaux morceaux de l'histoire romaine ; parce qu'on
n'y voit pas des princes déjà vaincus par les délices et l'orgueil,,
comme Antiochus et Tigrane, ou par ia crainte, comme Philippe,
Persée et Jugurtha, mais un roi magnanime, qui, dans les adver-
sités, tel qu'un lion qui regarde ses blessures, n'en était que
plus indigné.
Elles sont singulières, parce que les révolutions y sont continu-
elles et toujours inopinées ; car si Mithridate pouvait aisément réparer
ses armées, il arrivait aussi que dans les revers, où l'on a plus
besoin d'obéissance et de discipline, ses troupes barbares l'aban-
donnaient; s'il avait l'art de solliciter les peuples et de faire révolter
ies villes, i! éprouvait à son tour des perfidies de la part de se&
capitaines, de ses enfants et de ses femmes; enfin, s'il eut affaire
à des généraux romains mal habiles, on envoya contre lui, en divers
temps, Sylia, Lucullus et Pompée.
Ce prmce, après avoir battu les généraux romains, et fait la
conquête de l'Asie, de la Macédoine et de la Grèce, ayant été