Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Ma faveur fait ta gloire et ton pouvoir en vient.
Elle seule t'élève et seule te soutient,
C'est elle qu'on adore et non pas la personne,
Tu n'as crédit ni rang qu'autant qu'elle l'en donne^
Et pour te faire choir je n'aurais aujourd'hui
Qu'à retirer la main qui seule est ton appui.
Parte, parle, il est temps.
Cinna, Je demeure stupide.
Non que votre colère ou la mort m'intimide.
Je vois qu'on m'a trahi, vous m'y voyez rêver,
El j'en cherche l'auteur sans le pouvoir trouver.
Mais c'est trop y tenir toute l'âme occupée;
Seigneur, je suis Romain, el du sang de Pompée,
Le père et les deux fils lâchement égorgés,
Par la mort de César étaient trop peu vengés.
C'est là d'un heau dessein l'illustre el seule cause.
Et puisqu'à vos rigueurs la trahison m'expose.
N'attendez point de moi d'infâmes repentirs,
D'inutiles regrets, ni de honteux soupirs.
Le sort vous est propice, autant qu'il m'est contraire.
Je sais ce que j'ai fait, el ce qu'il vous faut faire.
Vous devez un exemple à la postérité,
El mon trépas importe à votre sûreté.
Auguste' Tu me braves, Cinna, tu fais le magnanime,.
Et, loin de l'excuser, lu couronnes ton crime;
Voyons si ta constance ira jusques au bout.
Tu sais ce qui t'est dû, tu vois que je sais tout.
Clémence (TAuguste,
Auguste. En est-ce assez, ô ciel! el le sort pour me nuire,
A-t-il quelqu'un des miens qu'il veuille encor séduire?
Qu'il joigne à ses efforts le secours des enfers,
Je suis maître de moi comme de l'univers.
Je le suis, je veux l'être. 0 siècles! ô mémoire!
Conservez à jamais ma dernière victoire;
Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux.
De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous.
Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie;
Comme à mon ennemi je l'ai donné la vie,