Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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S'il ne possède pas ces maisons magnifiques,
Ces tours, ces chapiteaux, ces superhes portiques,
Où la richesse et l'art étalent leurs attraits,
Il jouit des beautés qu'ont les saisons nouvelles,
Il voit de la verdure et des fleurs naturelles,
Qu'en ces riches lambris l'on ne voit qu'en portraits.
Agréables déserts, séjour de l'innocence.
Où loin des vanités de la magnificence,
Commence mon repos et finit mon tourment.
Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,
Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,
Soyez-le désormais de mon contentement.
Hîerre Corneille, né en 1606, mort en I68/1-.
Ce grand poète commença sa carrière par des imbroglios 1) assez
mauvais, mais composés dans le goût du temps. Le célèbre cardinal
de Richelieu, qui avait la faiblesse de se croire connaisseur, eut la
prétention de diriger le talent de Corneille; mais lassé bientôt de
cette tutelle, le poète voulut voler de ses propres ailes, et il s'éleva
du premier coup à une hauteur qui ravit d'admiration son siècle et
la postérité. Le Cid, imité de l'espagnol, fut le premier signal de
son génie et eut un succès prodigieux. Les Horaces, Cimaei
Polyeucta mirent le comble à sa gloire. Il donna aussi le premier
dans le Menteur le modèle de la bonne comédie. Mais dans ses
dernières années il sentit défaillir sa verve, et quoiqu'on voie encore
briller des traits de génie dansi/br/i^e , t-dXi^ Rodogune
et dans NicomMe, il ne fut bientôt plus dans les autres que l'ombre
de lui-même, et il vit avec douleur la palme de la scène tragique
passer aux mains de Racine, son jeune et heureux rival.
REPROCHES D'AUeUSTE A CINNA.
Auguste. Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose
Observe exactement la loi que je t'impose.
Prête sans me troubler l'oreille à mes discours,
D'aucun mot, d'aucun cri n'en interromps le cours;
Tiens ta langue captive, et si ce grand silence
1) On pron. ime-bro-lio; pièce de théâtre dont Tintrigue est fort
compliquée.