Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Michel ému et qui essuie ses larmes). — Eh bien, nigaud !.. tu
pleures aussi, toi?
Michel y sanglotant. Monsieur;., vous avez une manière de ra-
conter les choses., (avec sentiment). Mou bon maître!.. Ah,
je conçois que vous avez dû être heureux! — Mais vous avez
parlé de deux bonnes fortunes en vingt-quatre heures, voici la
première et la seconde, monsieur... ta seconde?
M. Robert. Oh! celle-là... c'est une autre affaire, n'en
parlons pas, n'en parlons pas.
Michel. Pourquoi, monsieur... Si vous voulez la tenir se-
crète, vous savez que je ne suis pas homme à vous trahir. Ça me
fait tant de bien de vous entendre ! Dites-moi tout, je vous en prie !
M. Robert. A condition que tu ne me gronderas pas . . .
J'ai donné le dernier billet de mille francs que je possédais.
Michel, Mille francs!
M. Robert. Que veux-tu?.. Deux époux... malheureux...
sans l'avoir mérité. Ils ont entrepris un petit commerce qui ne leur
a pas réussi. Leurs paiements interrompus.., L'impossibilité même
de payer leur loyer... Un propriétaire qui n'a pas voulu attendre...
qui a menacé de faire vendre les meubles... Le mari s'est cm
déshonoré, il a perdu la tête, et je passais sur le pont des Arts
au moment même où le malheureux se jetait à l'eau.
Michel. A l'eau!
M. Robert. Je crie au secours!.. De braves mariniers m'enten-
dent, se précipitent dans la rivière, et ramènent à bord l'insensé...
qui avait oublié qu'il avait une compagne . . . une famille, . . .
des parents... et que dieu condamne le suicide!.. — En
peu d'instants on le rappelle à la vie, je le fais transporter chez
lui; là, j'apprends en détail b cause de son désespoir: mille
francs étaient dus au propriétaire; j'arrête ses poursuites en le
payant, et je rends le jour, l'espérance ... le bonheur peut-être ,
à ce couple infortuné! Je te le demande, Michel, est-ce trop que
mille francs pour une pareille jonissance? Ne m'en veux pas,
mon ami, nous économiserons jusqu'à la fm du mois.
Michel y en cuafidence. Monsieur, j'ai touché l'autre jour ma
petite rente.
M. Robert, le devinaat. Hé, hé ! . . je te vois venir. —
Bon Michel, je te. rem-îrcie; g^rtU ton argent, dans trois jours,
m )i, je louch'îrai m;)n revenu. — Mais vois qui vient là. On
frappe à la porte. (Michel va voir à ta porte du fond;)