Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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si vous pouvez ia rendre moins bilieuse et moins sombre, ce cera
un grand point de gagné. Ce n'est point l'ouvrage des réflexions
seules; il y faut de l'exercice, de ia dissipation, une vie unie et
réglée. Vous ne penserez pas liien tant que vous vous porterez
mal; dès que le corps est dans l'abattement, l'âme est sans vigueur.
Adieu; écrivez-moi, et sur un ton moins lugubre."
l-ascal, ne en 1628, mort en 1662.
Il annonça dès son enfance ce qu'il deviendrait un jour. A
douze ans, seul et sans livre, il inventa ies éléments de la géo-
métrie, dont il ignorait les termes. Mais bientôt un accident, qui
mit ses jours en péril, tourna toutes ses facultés vers la religion,
à laquelle il consacra ses écrits et sa vie tout entière. Dans ses
Lettres provinciales, il attaqua la doctrine des Jésuites avec une
vigueur et une logique irrésistibles. Sa mort prématurée ne lui
permit pas d'achever son admirable ouvrage des Pensées, qui est
une apologie de la religion, mais les fragments de ce livre suffisent
pour immortaliser son auteur. Son style touche à la perfection ;
on a dit avec raison que c'est sa pensée même: il réfléchit l'âme
de Pascal comme un miroir pur réfléchit les objets,
PENSÉES.
Rien n'est plus capable de nous faire entrer dans ia connais-
sance de la misère des hommes, que de considérer la cause
véritable de l'agitation perpétuelle dans laquelle ils passent
leur vie.
L'âme est jetée dans le corps pour y faire un séjour de peu
de durée. Elle sait que ce n'est qu'un passage à un voyage éternel,
et qu'elle n'a que le peu de temps que dure la vie pour s'y pré-
parer. Les nécessités de la nature lui en ravissent une très-grande
partie. Il ne lui en reste que très-peu dont elle puisse disposer.
Mais ce peu qui lui reste l'incommode si fort et l'embarasse si
étrangement, qu'elle ne songe qu'à le perdre. Ce lui est une peine
insupportable d'être obligée de vivre avec soi, et de penser à soi.
Ainsi tout son soin est de s'oublier soi-même, et de laisser couler
ce temps si court et si précieux sans réflexion, en s'occupant des
choses qui l'empêchent d'y penser.