Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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vices, et personne ne m'en a rendu- Le duc est sans crédit, le
maréchal occupé à demander pour lui-même. Enfin, Madame, i!
est très-sûr que ma pension 1) ne sera point rétablie. Je crois
que DIEU m'appelle à lui par ces épreuves; il appelle ses enfants
par les adversités. Qu'il m'appelle, je le suivrai dans la règle la
plus austère; je suis aussi lasse du monde que les gens de la cour
le sont de moi. Je vous remercie, Madame, des consolations chré-
tiennes que vous m'offrez."
A SON FRERE.
»On n'est malheureux que par sa faute; ce sera toujours mon
texte et ma réponse à vos lamentations. Songez, mon cher frère,
au voyage d'Amérique, aux malheurs de notre père, aux malheurs
de notre enfance, à ceux de notre jeunesse, et vous bénirez la
Providence, au lieu de murmurer contre la fortune. 11 y a dix ans
que nous étions bien éloignés l'un et l'autre du point où nous som-
mes aujourd'hui! Nos espérances étaient si peu de chose, que nous
bornions nos vœux à trois mille livres de rente; nous en avons à
présent quatre fois plus, et nos souhaits ne seraient pas encore
remplis! Nous jouissons de cette heureuse médiocrité que vous
vantiez si fort; soyons contents. Si les biens nous viennent, rece-
vons-les de la main de dieu ; mais n'ayons pas des vues trop vastes.
Nous avons le nécessaire et le commode; tout le reste n'est que
cupidité. Tous ces désirs de grandeur partent du vide d'un cœur
inquiet. Toutes vos dettes sont payées; vous pouvez vivre délicieuse-
ment sans en faire de nouvelles: que désirez-vous de plus? Faut-il
que des projets de richesse et d'ambition vous coûtent votre repos
et votre santé? Lisez la vie de Saint-Louis; vous verrez combien
les grandeurs de ce monde sont au-dessous des désirs du cœur de
l'homme; il n'y a que dieu qui puisse le rassasier. Je vous le
répète, vous n'êtes malheureux que par votre faute. Vos inquiétudes
détruisent votre santé, que vous devriez conserver, quand ce ne
serait que parce que je vous aime. Travaillez sur votre humeur;
1) Elle obtint enfin cette pension. Le ministre avait proposé 2000
livres; le roi e'crivit de sa main 2000 écus. II lui dit ensuite:
^Madame, je vous ai fait attendre longtemps; mais vous avez tant d'amis,
que j'en ai été jaloux, et j'ai voulu que vous ne dussiez rien qu'à moi."
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