Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
i
174
avec une propreté admirable; tout de bon, rien n'est si beau que
ces allées que vous avez vues naître. La compagnie que j'ai ici
me plaît fort; notre abbé est toujours admirable; mon fils et La
Mousse s'accommodent fort bien de moi, et moi d'eux: nous nous
cherclions toujours; el quand les allaires me séparent d'eux, ils
sont au désespoir, et me trouvent ridicule de préférer un compte
de fermier aux contes de La Fontaine. Ils vous aiment tous pas-
sionnémenl; je crois qu'ils vous écrironl; pour moi, je prends les
devants, el n'aime point à vous parler en tumulte. Ma fille, aimez-
moi donc toujours ; c'est ma vie, c'est mon âme que votre amitié :
je vous le disais i'autre jour; elle fait toute ma joie cl toutes mes
douleurs. Je vous avoue que te reste de ma vie est couvert d'ombre
et de tristesse, quand je songe que je la passerai si souvent
éloignée de vous."
A SA FILLE,
»11 y a aujourd'hui bien des années, ma fille, qu'il vint au
monde une créature destinée à vous aimer préférablemenl à toutes
choses; je prie votre imagmatiou de n'aller ni à droite, m à gauche:
Ctt homme-là , Sire, c'était moi-même i). 11 y eut hier trois ans
que j'eus une des plus sensibles douleurs de ma vie: vous partîtes
pour la Provence, où vous êtes encore ; ma lettre serait longue, si
je voulais vous expliquer toutes les amertumes que je sentis, el que
j'ai senties depuis, en conséquence de celle première. Mais reve-
nons: je n'ai point reçu de vos lettres aujourd'hui; je ne sais s'il
m'en viendra; je ne le crois pas, il est trop tard; j'en attendais
cependant avec impatience; je voulais apprendre votre départ d'Aix,
afin de pouvoir supputer un peu juste votre retour; tout le monde
m'en assassine, et je ne sais que répondre.
Le père Bourdaloue fit dimanche un sermon, qui transporta tout
le monde; il élail d'une force à faire trembler les courtisans; jamais
un prédicateur évangélique n'a prêché si hautement ni si généreuse-
ment les vérités chrétiennes. Il était question de faire voir que
toute puissance doit être soumise à la loi, à l'exemple de notre
seigneur, qui fut présenté au temple ; enfin, ma fille, cela fut porté
1) Vers de Marot dans son EpUre a François /.