Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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LE MARECHAL DE BIRON A HENRI IV,
qui, vivement pressé par les Espagnols dans les environs de Dieppe,
semblait disposé à suivre le conseil qu*on lui donnait de se
retirer en Angleterre.
nQuoi! Sire, on vous conseille de vous embarquer, comme s'il n'y
avait pas d'autre moyen de conserver votre royaume que de le quitter!
Si vous n'étiez pas en France, il faudrait percer au travers de tous
les hasards et de tous les obstacles pour y venir; et maintenant que
vous y êtes, on voudrait que vous en sortissiez, et vos amis seraient
d'avis que vous fissiez de votre ton gré ce que les plus grands efforts
de vos ennemis ne sauraient vous contraindre de faire. En l'état où
\ous êtes, sortir seulement de la France pour vingt-quatre iieures,
c'est s'en bannir pour jamais.
Le péril, au reste, n'est pas si grand qu'on vous le dépeint: ceux
qui nous pensent envelopper sont ou ceux mêmes que nous avons
tenus enfermés si lâchement à Paris, ou gens qui ne valent pas
mieux, et qui auront plus d'affaires entre eux-mêmes que contre
nous. Enfin, Sire, nous sommes eti France, il faut nous y enterrer:
il s'agit d'un royaume, il faut l'emporter ou y perdre la vie; et
quand même il n'y aurait point d'autre sûreté pour votre personne
sacrée que la fuile, je sais bien que vous aimeriez mille fois mieux
mourir de pied ferme, que de vous sauver par ce moyen. Votre
Majesté ne soufiVirait jamais qu'on dise qu'un cadet de la maison de
Lorraine lui aurait fait perdre terre, encore moins qu'on la vît
mendier à la porte d'un prince étranger.
Non, Sire, il n'y a ni couronne ni honneur pour vous au-delà de
la mer. Si vous allez au-devant du secours de l'Angleterre, il recu-
lera ; si vous vous présentez au port de la Rochelle en homme qui
se sauve, vous n'y trouverez que des reproches et du mépris. Je
ne puis croire que vous deviez plutôt fier votre personne à l'incon-
stance des fiots et à la merci de l'étranger, qu'à tant de braves
gentilshommes et à tant de vieux soldats, qui sont prêts à lui servir
de rempart et de bouclier; et je suis trop serviteur de Votre Ma-
jesté, pour lui dissimuler que si elle cherchait sa sûreté ailleurs que
dans leur vertu, ils seraient obligés de chercher la leur dans un
autre parti que dans le sien "