Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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îl aime à faire des retours sur lui-même, et il retrace ses malheurs avec
une touche attendrissante et mélancolique.
Com mines, i445—1509. Il y a loin de la Chronique de
Froissard à Thistoire de Louis XI, par Commines, Celui-ci n'a pas
comme son devancier l'intention d'amuser ses lecteurs, il cherche à
les instruire et ne raconte que des faits authentiques. D'abord au
service de Charles le Téméraire, il passa ensuite à celui de Louis XI,
roi de France, dont il devint le confident et même le favori. Il n'en
resta pas moins impartial et vrai dans le jugement qu'il porta de
ce prince habile, mais rusé et cruel. Son ouvrage otfre une lec-
ture aussi intéressante qu'instruciive au politique et au penseur.
Commines sacrifie volontiers les ornements du style à la solidité du
raisonnement: il s'occupe de bien dire plutôt que de bien peindre.
Marot, 1495—1554. C'est le dernier en date et le meilleur
des poètes gaulois. Il réunit toutes les qualités de la vieille poésie
et porte au plus *haut degré le cachet national. Ses épitres et ses
poésies familières sont charmantes de naturel et de grâce; mais,
comme la plupart de ses prédécesseurs, il blesse trop souvent la
décence, il alVectionne surtout le vers de dix syllabes, si propre à
la vivacité de son allure et au sans-façon de sa gaité. Sa traduction
des Psaumes est faible et dépourvue d'inspiration; on y sent trop le
défaut d'harmonie entre le sujet et le caractère de l'auteur.
Montaigne, 1533—1592. Moraliste aimable et trop indulgent
peut-être, cet écrivain charma son siècle et la postérité par ses
Essais, où il développe, sans suite et sans enchaînement, une philo-
sophie pratique, douce et facile. 11 veut conduire l'homme au bon-
heur par la sagesse, »non pas la sagesse triste et chagrine, mais
douce et agréable." »Qui sait son adresse," dit-il, »y peut arriver
par des routes ombrageuses, gazonnées et donx-Jleurantes.'*'' Son style,
comme sa morale, est coulant et facile; il est à regretter seulement
qu'il l'entremêle si fort de termes latins et d'idiotismes gascons.
Ronsard, 1524—1585. Ce poète, qui fut l'enfant gâté de son
siècle, a été trop loué pendant sa vie et trop dénigré après sa mort.
Rempli du désir de donner à la langue française la noblesse et la
dignité du latin et du grec, il s'efibrça d'opérer un heureux mélange,
en amalgamant à cet idiome de nouveaux éléments tirés de ces deux
langues savantes. Il était soutenu dans son entreprise par une coterie
de sept beaux esprits, ses imitateurs , et qu'on appelait sa «Pléiade."
Ronsard réussit en effet à éblouir et à égarer le jugement de se&
contemporains, et il mourut au milieu de ses triomphes, avant qu'ils