Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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distiïictif, mais la laiigue a pris de la clarté et une marche plus
assurée. L'auteur réfléchit, compare et juge; il raisonne en un mot.
Compagnon de St.-Louis dans sa première croisade, il nous fait de
l'expédition un récit plein de vie el d'intérêt. Le cœur du bon
Joinville, si dévoué à son dieu et à son roi, est mis en évidence
dans son livre. Aucune relation n'offre à ce point le cachet de la
vérité et n'inspire autant de confiance à ses lecteurs. C'est là sur-
tout ce qui fait le charme de cette lecture.
Froissard, 1337—1410. //Sa Chronique m vaste tableau
d'histoire plein de mouvement et tout brillant de couleurs. Toute
la vie militaire et féodale du quartorzième siècle s'y presse et s'y accu-
mule, on dirait le Waller Scott du moyen âge. Il est sans cesse
en campagne, c'est le chevalier errant de l'histoire; il improvise ses
récits en courant, et saisit les événements à mesure qu'ils se font". 1)
On comprend qu'une histoire écrite de la sorte ne peut supporter une
critique sévère, mais sa vive imagination captive l'intérêt du lecteur
par l'animation du récit et le brillant d^s tableaux.
Charles d'Orléans, 1391 —1465. Si la poésie française,
qui avait donné de si belles espérances dans les productions de
Thibaut, comte de Champagne, ne nous montre aucun homme
vraiment distingué durant près de deux siècles parmi les poètes qui
fourmillent, il faut en chercher la cause dans les malheurs des temps,
dans l'asservissement d'une partie du royaume par les Anglais, et dans
l'indifférence des souverains. Enfin Charles d'Orléans, pour charmer
l'ennui de 25 ans de captivité, vint faire retentir de nouveau les
accents de la vraie poésie. Il déploie dans ses aimables vers une
singulière perfection de mélodie et un vrai sentiment du rhythme.
Le fond, il est vrai, ne répond pas toujours à l'agrément de
la forme, et l'on peut reprocher avec raison à l'illustre captif,
le silence qu'il garda sur Jeanne d'Arc, dont il fut le contem-
porain.
Villon, 1431—1500. Enfant de Paris el même écolier de
l'Université, il passa sa jeunesse dans l'insouciance et le libertinage,
et toute sa vie dans la pauvreté et le malheur. Ses ouvrages sont
le miroir fidèle de sa carrière aventureuse et misérable. Et néan-
moins une veine poétique incontestable, anime ses accents tour à
tour joyeux et plaintifs, et fait de lui un des ancêtres littéraires de
Béranger. Malgré l'insouciante gaîté qui forme le fond de son caractère.
1) Demoeeot.