Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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français fit des progrès constants, quoique inégaux, suivant la
faveur diverse des circonstances. Sous des princes amis des lettres,
tels que St.-Louis et François premier, sa marche est plus sûre
et plus rapide. Il rejette peu à peu ou modifie certains éléments
étrangers, qui avaient servi à sa formation, et il revêt insensible-
ment les qualités qui constituent aujourd'hui sa nationalité, jus-
qu'au moment où, vers la fin du seizième siècle et le commence-
ment du dix-septième, i! prend à peu près sous la plume de
Malherbe et de Balzac, le caractère que nous lui connaissons
aujourd'hui. De là jusqu'au jour où les Pascal et les Racine
doivent l'élever à son plus *haut point de perfection, l'intervalle est
court; un demi-siècle suffit à ce travail suprême, et l'âge d'or de
la littérature est venu pour la France. Nous allons faire une
revue rapide des principaux écrivains qui, durant l'époque defor-
mation, se distinguent comme autant de points lumineux.
Vil lehardouin, vers 1167—1213. Il nous a donné le récit
de la quatrième croijade dans son Histoire de la prise de Constan-
tinople Merveilleux comme une fiction épique, cet événement,
sous la plume de l'écrivain, semble tenir à la poésie autant qu'à
l'histoire. L'auteur a la naïveté d'un âge primitif, il est vivement
impressionné, et il émeut autant qu'il est ému. Son langage est
bien loin de celui des serments dont nous venons de parler; c'est
déjà du français, mais fourmillant de tournures gauloises et de
termes vieillis.
Thibaut, comte de Champagne, 1201—1253. Élevé au midi
de la France et passant au nord le reste de sa vie, il tient de
ces deux caractères, et forme une transition heureuse entre les
»Troubadours", poètes de la langue d'oc, et les »Trouvères", poètes
de la langue d oil. Sous sa plume la grâce de la langue proven-
çale vient revêtir, en les embellissant, les formes de la langue du
nord, témoin ces jolis vers:
*Au revenir que je fis de Provence
»S'émut mon coeur, un petit, de chanter,
»Quand j'approchais de la terre de France,
»Où celle maint (demeuré) que ne puis oublier."
.loin vil le, 1223—1317. De Villehardouin à Joinville le
progrès est sensible. Une candeur naïve est aussi son caractère