Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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et alliance à la tête de leurs armées, les princes germains Lotliaire
et Louis, voulant être entendus des sujets de Charles le Chauve,
ne se servent que de la langue romane vulgaire, tandis que Charles
le Chauve parle tudesque aux sujets de Louis le Germanique et
de Lothaire.
On peut trouver étrange que les vainqueurs aient adopté la langue
des vaincus, au lieu de leur imposer la leur. Le mombre relativement
minime des Francs, et surtout l*état inférieur de leur civilisation, ex-
pliquent naturellement ce fait. L'histoire nous enseigne que les
conquérants barbares adoptent généralement la langue des vaincus
en même temps que leur civilisation.
Le latin subit bientôt le sort de l'allemand. Il ne put survivre
à la société qui l'avait créé; il s'altéra de plus en plus dans la
langue vulgaire, dont il formait d'ailleurs le fondement principal,
et finit par devenir la langue savante du clergé et des écoles.
Ainsi le tudesque, relégué au-delà du Rhin, et le latin, confiné
dans les murs du cloître, cédèrent la place à l'idiome qui devint
avec le temps la langue française d'aujourd'hui, et qui, dérivée
surtout de h langue des Romains, fut appelée d'abord //langue
romane."
Faute de documents écrits, le travail obscur et lent de sa for-
mation ne permet pas de déterminer l'époque où l'usage en com-
mença. Comme monument écrit et authentique, le premier en date
est celui que nous possédons des serments que prêtèrent Louis le
Germanique à son frère Charles te Chauve, et les soldats de Charles
à Louis le Germanique, au mois de Mars de l'année 842,
Le langage employé dans ces pièces remarquables, où domine
un latin corrompu et presque méconnaissable, se divisa bientôt en
deux dialectes, dont l'un, parlé au nord de la Loire, fut nommé
la langue d'ozY, et l'autre, parlé au sud de ce fleîive, prit le nom
de langue d'oc, dénominations dues au mot qui indiquait l'affir-
mation oui dans les deux langues. La première, plus éloignée des
sourc(^s romaines, par conséquent moins mélangée de latin, et par
là plus franchement nationale, avait des chances de durée qui
manquaient à l'autre; et malgré l'harmonie et la culture plus avancée,
qui distinguaient avantageusement la langue d'oc du langage sourd
et traînant parlé au nord, elle ne fleurit guère que durant deux
siècles, et sembla s'éteindre dans le sang des Albigeois.
Depuis l'époque d'où date le premier monument écrit en langue
française, et durant les sept ou *huit siècles qui la suivirent, le