Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Michil. 11 se rt'luse toul, mC'iue ic nécessaire, join' donner
davantage.
Madame Fèiit. Au train dont il va, il finira par se miner.
Michel. Se ruiner? . . Bon !.. il prétend lui, que cela Tenrichit,
et que bien des niiliioiinaires jotUiit Tor par les fenêtres, sans
se itrocurer la ccnliènie partie des jouissances qu'il épiouve . ..
Et, en effet, obssrvez-ie attentivement : quand il a fait une bonne
œuvre, il rentre gai, content, il se porte à merveille! . . quand
vous le voyez triste, un peu malade... c'est qu'il n'a pas trouvé
Toccasion de vider sa bourse... et il appelle cela manquer sa journée.
Madame Petit. Ahl quel homme! quel homme! ça me donne-
rait |iresquc Tenvie de faire comme lui,
Michel. Essayez.
Madame Petit. Ça ne me réussirait pas de même.
Michel. Pourquoi donc?
Madame Petit. Parce qu'il a plus de bonheur que moi ; la
preuve c'est que j'ai voulu comme lui mettre à la loterie, et..
Michel. A la loterie!., qu'est-ce que vous dites là, madame
Petit? est-ce que monsieur a jamais mis à la loterie?
Madame Petit. Certes, voyez... sa cheminée est encore
couverte de billets.
Michel. Détrompez-vous bien, je vous prie. — Monsieur ne
se laisse pas prendre à l'appât grossier d'un pareil jeu.
Madame Petit, étomiée. lîah !
Michel. Si vous aviez examiné de plus près ces billets, vous
en auriez mieux apprécié la valeur, <11 en prend au hasard qnel-
ques-uns sur la cheminée, et les lui montre). Toutes ces préten-
dues loteries sont autant d'actes de bienfaisance. — Voyez plutôt:
— Loterie pour les orphelines. — Loterie pour les pauvres du
7me arrondissement. Loterie pour... — Tout cela enfin ne tend
qu'à venir au secours de l'infortune, et mon maître est toujours
un des premiers souscripteurs.
Madame Petit. Oh ! c'est bien difl'érent. . .
Michel. Monsieur ne dupe ['ersonne, mais il ne veut pas être dupe.
Madame Petit. Et quant à cela, il a parfaitement raison;
mais le jour commence à baisser, et je cause là, moi, sans
songer .. Je vais bien vile (Mer la table, et renfermer ma pou-
larde, de crainte qu'il ne lui arrive quelque malheur. Au revoir,
monsieur Michel, votre servante !.. (Elle sort par la porte à droite).