Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Maigre le droit des gens et la foi réclainee,
Dans les murs d'un cachot vous m'avez enfermée.
Dépouillée à la fois de toutes mes grandeurs,
Sans secours, sans amis, presque sans serviteurs,
Au plus vil dénûmenl dans ma prison réduite,
Devant un tribunal, moi, reine, on m'a conduite.
Enfin, n'en parlons plus: qu'en un profond oubli
Tout ce que j'ai souffert demeure enseveli.
Je veux en accuser la seule destinée.
Contre moi, malgré vous, vous fûtes entraînée;
Vous n'êtes pas coupable, et je ne le suis pas;
Un esprit de l'abîme, envoyé sur nos pas,
A jeté dans nos cœurs cette *haine funeste.
Et des hommes méchants ont achevé le reste.
La démence a du glaive armé contre vos jours
Ceux dont on n'avait point invoqué le secours.
Tel est le sort des rois: leur *haine, en maux féconde,
Enfante la discorde et divise le monde.
J'ai tout dit. C'est à vous, ma sœur, de nous juger.
Entre nous, maintenant, il n'est point d'étranger.
Nous nous voyons enfin. Si j'ai pu vous déplaire,
Parlez, dites mes torts: je veux vous satisfaire.
Ah! que ne m'avez-vous dès l'abord accordé
L'entretien par mes vœux si longtemps demandé!
Nous n'aurions pas, ma sœur, en ce jour déplorable.
Une telle entrevue, et dans un lieu semblable.
Lebrun.
SOPHOCLE ACCUSE PAR SES FILS.
Sophocle avait des fils dont les cœurs endurcis
Advides d'envahir son tardif héritage.
D'un vieillard importun accusaient le long âge.
Ils feignent que leur père, indigne de son art.
N'agit, ne pense plus, ne vit plus qu'au *hasard.
Et que de sa raison, par les ans affaiblie,
Le flambeau pâlissant s'éteint avec la vie.
Sophocle est accusé par ses enfants ingrats.
Et Sophocle est conduit devant les magistrats.