Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Qu'ils te montrent leur joie, ou t'apportent leurs larmes.
Compatis a leurs maux, sois fier de leur amour;
Règne enfin pour ton peuple, et non pas pour ta cour.
Je le connais, ce peuple: il mérite qu'on l'aime,
En le rendant heureux, tu te seras toi-même.
Ancelot.
ANNE DE BOULEN ET ELISABETH SA FILLE.
Anne Je vais goûter encor quelques moments bien doux;
Embrasse-moi, ma lille, et viens sur mes genoux.
Elù. Ma mère, ce matin comme tu m'as laissée!
Anne. Quel souvenir amer revient à ma pensée!
Elis. Autrefois tu m'aimais, tu ne me quittais pas!
Souvent, durant les nuits, je dormais dans tes bras.
Anne Elle n'aura donc plus une mère auprès d'elle!
Elis. Pendant toute la nuit vainement je t'appelle.
Anne. Ma fille, à chaque mot, veux-tu me déchirer?
Elis. Comme toi, maintenant, je ne fais que pleurer.
Anne. Combien tous ses discours ont de grâce et de charmes!
Elis. Ma mère . . .
Anne. Quoi! sa main veut essuyer mes larmes!
Elis. Mais d'où vient ta douleur?
Anne. . Tu le sauras un jour.
Elis. Ne quitteras-tu point ce triste et noir séjour?
Anne. J'en sortirai ce soir.
Elis. Ah! j'en suis bien contente!
Anne, à part. La mort qu'on me prépare est loin de son attente!
Elis. Ces fers sont trop pesants; ils blesseront tes mains.
Anne. Je subirai bientôt de plus cruels destins.
Elis. Quel est donc le méchant qui peut causer ta peine?
Anne. Un puissant eimemi m'accable de sa *haine ;
Pour prix de ma tendresse, il a proscrit mes jours.
Elis. Eh! que n'appelles-tu mon père à ton secours?
Anne. Ton père !
Elis. Il te chérit, il viendra te défendre.
Anne. Lui! tu le crois?
Elis. Mon père! ah! s'il pouvait m'entendre!
On fait tout ce qu'il veut.