Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Cet ennemi de dieu qu'on peint si plein de rage ?
Hélas! du dieu vivant c'est lu brillante image;
C'est un roi bienfaisant, le modèle des rois;
Nous ne méritons pas de vivre sous ses lois ;
Il triomphe, il pardonne, il chérit qui l'oiïense :
Puisse tout notre sang cimenter sa puissance!
Trop dignes du trépas dont il nous a sauvés,
Conservons-lui ces jours qu'il nous a conservés."
Voltaire.
PHILOCTETE CONJURE PYRRHUS
de l'arracher à l'affreux abandon où il est réduit dans l'île de Lemno».
Ah! par les immortels de qui lu tiens le jour.
Par tout ce qui jamais fut cher à ton amour.
Par les mânes d'Achille et l'ombre de ta mère,
Mon fils, je t'en conjure, écoute ma prière;
Ne me laisse pas seul en proie au désespoir,
En proie à tous les maux que tes yeux peuvent voir.
Cher Pyrrhus, tire-moi des lieux où ma misère
M'a longtemps séparé de la nature entière.
C'est te charger, hélas! d'un bien triste fardeau.
Je ne l'ignore pas; l'effort sera plus beau
De m'avoir supporté: toi seul en étais digne;
Et de m'abandonner la *honte est trop insigne;
Tu n'en es pas capable: il n'est que les grands cœurs
Qui sentent la pitié que l'on doit aux malheurs,
Qui sentent d'un bienfait le plaisir et la gloire.
11 sera glorieux, si tu daignes m'en croire.
D'avoir pu me sauver de ce fatal séjour.
Jusqu'aux vallons d'Œta le trajet est d'un jour;
Jette-moi dans un coin du vaisseau qui te porte,
A la poupe, à la proue, où tu voudras, n'importe.
Je t'en conjure encore et j'atteste les dieux:
Le mortel suppliant est sacré devant eux.
Je tombe à tes genoux, ô mon fils! je les presse
D'un effort douloureux qui coûte à ma faiblesse.
Que j'obtienne de toi la fin de mes tourments!
Accorde cette grâce à mes gémissements.