Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
123
»Compagnons," leur dit-il, » achevez votre ouvrage,
Et de mon sang glacé souillez ces cheveux blancs,
Que le sort des combats respecta quarante ans.
Frappez, ne craignez rien: Coligny vous pardonne;
Ma vie est peu de chose et je vous l'abandonne;
J'eusse aimé mieux la perdre en combattant pour vous."
Ces tigres, à ces mots, tombent à ses genoux:
L'un, saisi d'épouvante, abandonne ses armes ;
L'autre embrasse ses pieds, qu'il trempe de ses larmes;
Et de ses assassins ce grand homme entouré
Semblait un roi puissant par son peuple adoré.
Besme, qui dans la cour attendait sa victime.
Monte, accourt, indigné qu'ou diffère son crime;
Des assassins trop lents il veut *hûter les coups:
Aux pieds de ce *héros il les voit trembler tous.
A cet objet touchant lui seul est inflexible;
Lui seul, à la pitié toujours inaccessible.
Aurait cru faire un crime et trahir Médicis,
Si du moindre remords il se sentait surpris.
A travers les soldats il court d'un pas rapide;
Coligny l'attendait d'un visage intiépide,
Et bientôt dans le flanc ce monstre furieux
Lui plonge son épée, en détournant les yeux,
De peur que d'un coup d'oeil cet augnste visage
Ne fît trembler son bras, et glaçât son courage.
Du plus grand des Français tel fut le triste sort;
On l'insulte, on l'outrage encore après sa mort.
Son corps percé de coups, privé de sépulture,
Des oiseaux dévorants fut l'indigne pâture;
Et l'on porta sa tète aux pieds de Médicis:
Conquête digne d'elle et digne de son fils!
Médicis la reçut avec indifférence,
Sans paraître jouir du fruit de sa vengeance.
Sans remords, sans plaisir, maîtresse de ses sens.
Et comme accoutumée à de pareils présents.
Voltaire
BONTÉ DE HENRI IV ASSIÉGEANT PARIS.
Sur son peuple infidèle Henri versa des pleurs.
»0 dieu!" s'écria-t-il, idieu qui lis dans les coeurs,
6*