Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
122
MORT DE COLIGNY.
Cependant tout s'apprête, et t'heure est arrivée
Qu'au fatal dénoùment la reine a réservée.
Le signal est donné sans tumulte et sans bruit;.
C'était à la faveur des ombres de la nuit.
De ce mois malheureux l'inégale courrière
Semblait cacher d'eflroi sa tremblante lumière;
Coligny languissait dans les bras du repos,
Et le sommeil trompeur lui versait ses pavots.
Soudain de mille cris le bruit épouvantable
Vient arracher ses sens à ce calme agréable.
11 se lève, il regarde; il voit de tous côtés
Courir des assassins à pas précipités;
Il voit briller partout les flambeaux et les armes;-
Son palais embrasé, tout un peuple en alarmes;
Ses serviteurs sanglants, dans la flamme étouffés
Les meurtriers en foule au carnage échauffés,
Criant à haute voix: «Qu'on n'épargne personne!
C'est dieu, c'est Médicis, c'est le roi qui l'ordonne!"
11 entend retentir le nom de Coligny:
Il aperçoit de loin le jeune Téligny,
Téligny, dont i'amour a mérité sa fille.
L'espoir de son parti, l'honneur de sa famille,
Qui, sanglant, déchiré, traîné par des soldats,
Lui demandait vengeance, et lui tendait les bras.
Le *héros malheureux, sans armes, sans défense.
Voyant qu'il faut mourir et mourir sans vengeance.
Voulut mourir du moins comme il avait vécu,
Avec toute sa gloire et toute sa vertu.
Déjà des assassins la nombreuse cohorte,
Du salon qui l'enferme allait briser la'porte;
Il leur ouvre lui-même, et se montre à leurs yeux,
Avec cet œil serein, ce front majestueux.
Tel que, dans les combats, maître de son courage,,.
Tranquille, il arrêtait ou pressait le carnage.
A cet air vénérable, à cet auguste aspect,
Les meurtriers surpris sont saisis de respect v
Une force inconnue a suspendu leur rage.