Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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DIEO REVELE PAR LA NAITRE.
Oui, c'est un dieu caché que le dieu qu'il faut croire;
Mais, tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire.
Quels témoins éclatants devant moi rassemblés!
Répondez, cieux et mers; et vous, terre, parlez:
Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles?
Nuit brillante, dis-nous qui t*a donné les voiles?
0 cieux, quelle grandeur, et que de majesté!
J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté.
Et qui, dans vos déserts, a semé la lumière.
Ainsi que dans nos champs il sème la poussière.
Toi qu'annonce l'aurore, admirable tiambeau.
Astre toujours le même, astre toujours nouveau,
Par quel ordre, ô soleil! viens-tu du sein de l'onde
Nous rendre les rayons de ta clarté féconde?
Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours.
Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours?
Et toi, dont le courroux veut engloutir la terre,
Mer terrible, en ton lit quelle main te resserre?
Pour forcer la prison tu fais de vains efforts?
La rage de tes flots expire sur les bords.
La voix de l'univers à ce dieu me rappelle;
La terre le publie. »Est-ce moi, me dit-elle,
»Est-ce moi qui produis mes riches ornements?
C'est Celui dont ta main posa mes fondements.
Si je sers tes besoins, c'est lui qui me l'ordonne;
Les présents qu'il me fait, c'est à toi qu'il les donne;
Je me pare des fleurs qui tombent de sa main ;
11 ne fait que l'ouvrir et m'en remplit le sein.
Pour consoler l'espoir du laboureur avide,
C'est lui qui dans l'Egypte, où je suis trop aride.
Veut qu'au moment prescrit, le Nil, loin de ses bords,
Répandu sur ma plaine, y porte mes trésors.
Racine, le fîls.