Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Non, non: tout doit franchir ce terrible passage.
Le riche el l'indigent, l'imprudent et le sage.
Sujets à même loi, subissent même sort.
D'avides étrangers, transportés d'allégresse,
Engloutissent déjà toute cette richesse.
Ces terres, ces palais, de vos noms ennoblis.
Et que vous reste-l-il en ces moments suprêmes?
Un sépulcre funèbre, on vos noms, où vous-mêmes
Dans l'éternelle nuit serez ensevelis.
Les hommes éblouis de leurs honneurs frivoles,
Et de leurs vains flatteurs écoutant les paroles,
Ont de ces vérités perdu le souvenir:
Pareils aux animaux farouches et stupides,
Les lois de leur instinct sont leurs uniques guides.
Et pour eux le présent paraît sans avenir.
Un précipice affreux devant eux se présente;
Mais toujours leur raison, soumise et complaisante,
Au devant de leurs yenx met un voile imposteur.
Sous leurs pas cependant s'ouvrtnt les noirs abîmes,.
Où la cruelle mort, les prenant pour victimes,
Frappe ces vils troupeaux dont elle est le pasteur.
Là s'anéantiront ces titres magnifiques.
Ce pouvoir usurpé, ces ressorts politiques.
Dont le juste autrefois sentit le poids fatal:
Ce qui fit leur bonheur deviendra leur torture;
El dieu, de sa justice apaisant le murmure,
Livrera ces méchants an pouvoir infernal.
Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes;
Quelque élevés qu'ils soient, ils sont ce que nous sommes:
Si vous êtes mortels, ils le sont comme vous.
Nous avons beau vanter nos grandeurs passagères,
Il faut mêler sa cendre aux cendre de ses pères;
El c'est le même dieu qui nous jugera tous.
J.- B. Rousseau.