Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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pour être vertueux, il suffit de vouloir l'être; el si vous avez bien
cette volonté, tout est fait; votre bonheur est décidé.
S'il m'appartenait de vous donner des conseils, le premier que je
voudrais vous donner serait de ne point vous livrer à ce goût que
vous dites avoir pour !a vie contemplative, et qui n'est qu'une
paresse de i'îlme, condamnable à tout âge, et surtout au vôtre.
L'homme n'est point fait pour méditer, mais pour agir; la vie
laborieuse que dieu nous impose n'a rien que de doux au cœur de
l'homnie de bien qui s'y livre en vue de remplir son devoir, et la
vigueur de la jeunesse ne vous a pas été donnée pour la perdre à
d'oisives contemplations.
Travaillez donc, Monsieur, dans l'état où vous ont placé vos
parents et la Providence: voilà le premier précepte de ia vertu que
vous voulez suivre; et si le séjour de Paris, joint à l'emploi que
vous remplissez, vous paraît d'un trop difficile alliage avec elle,
faites mieux, Monsieur, retournez dans votre province ; allez vivre,
dans le sein de votre famille; servez, soignez vos vertueux parents;
c'est là ({ue vous remplirez véritablement les soins que la vertu
vous impose.
Une vie dure est plus facile à supporter en province que la
fortune à poursuivre à Paris, surtout quand on sait, comme vous
ne l'ignorez pas, que les plus indignes manèges y font plus de
fripons gueux que de parvenus. Vous ne devez point vous estimer
malheureux de vivre comme fait Monsieur voire père; et il n'y a
point de sort que le travail, la vigilance, l'innocence et le conten-
tement de soi ne rendent supportable, quand on s'y soumet en vue
de remplir son devoir.
Voilà, Monsieur, des conseils qui valent tous ceux que vous
pourriez venir prendre à Montmorency: peut-être ne seront-ils pas
de votre goût, et je crains que vous ne preniez pas le parti de
les suivre, mais je suis sûr que vous vous en repentirez un jour.
Je vous souhaite un sort qui ne vous force jamais à vous en
souvenir." ---
LAfflOlGNON DE MALESHERBES AU PRÉSIDENT DE
LA CONVENTION,
Paris, le 11 De'cembre 1792.
J'ignore si la Convention nationale donnera à Louis XVI un
conseil pour le défendre, et si elle lui en laissera le choix. Dans