Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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en k's écrivant : ainsi vous êtes plus en état que moi de voir les
choses telles quelles sont.
Mais cette considération doit être aussi de votre part une plus
grande raison d'indulgence. Ce qu'on écrit dans le trouble ne doit
pas être envisagé comme ce qu'on écrit de sang-froid : un dépit
outré a pu me laisser échajtper des expressions démenties par mon
cœur, qui n'eut jamais pour vous que des sentiments honorables.
Au contraire, quoique vos expressions le soient toujours, vos idées
souvent ne le sont guère, et voilà ce qui, dans le fort de mes
afflictions, a achevé de m'abattre. En me supposant tous les torts
dont vous m'avez chargé, il fallait peut-être attendre un autre mo-
ment pour me les dire, ou du moins vous résoudre à endurer ce
qui pouvait en résulter.
Je ne prétends pas, à dieu ne plaise, m'excuser ici, ni vous
charger, mais seulement vous donner des raisons qui me semblent
justes, d'oublier les torts d'un ami dans mon état. Je vous en de-
mande pardon de tout mon cœur; j'ai grand besoin que vous me
l'accordiez, et je vous proteste, avec vérité, que je n'ai jamais
cessé un seul moment d'avoir pour vous tous les sentiments que
j'aurais désiré vous trouver pour moi---- Mon tendre attachement
et mon vrai respect pour vous ne peuvent pas plus sortir de mon
cœur que l'amour de la vertu."
J.-J. ROUSSEAU A UN JEUNE HOMME,
qui demandait à s'établir à Montmorency pour profiter de ses leçons.
»Vous ignorez, Monsieur, que vous écrivez à un pauvre homme
accablé de maux, et de plus fort occupé, qui n'est guère en état
de vous répondre, et qui le serait encore moins d'établir avec vous
la société que vous lui proposez. Vous m'honorez, en pensant que
je pourrais vous y être utile, et vous êtes louable du motif qui
vous le fait désirer; mais sur le motif même, je ne vois rien de
moins nécessaire que de vous établir à Montmorency; vous n'avez
pas besoin d'aller chercher si loin les principes de la morale.
Rentrez dans votre cœur, et vous les y trouverez, et je ne
pourrai rien vous dire à ce sujet, que ne vous dise encore mieux
votre conscience, quand vous la voudrez consulter. La vertu.
Monsieur, n'est pas une science qui s'apprend avec tant d'appareil: