Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
86
retrouver en vous ce que vous perdez en Monsieur votre père. Je
suis," etc.
JEAN-BAPTISTE ROUSSEAU A Mf. D,,
sur la mort de son ills aîné. — 1720.
»Quelle perte ! à quelle épreuve la Providence a-t-elle voulu mettre
votre vertu, Monsieur! C'est ainsi qu'elle se joue des projets qui
nous paraissent les plus légitimes. Vous avez joui jusqu'à présent
de tous les avantages de cette vie: une longue et constante pros-
périté, une fortune établie, une famille digne de vous, voilà bien
des grâces que dieu n'était pas obligé de vous faire; et peut-être
n'avez-vous pas assez songé que c'était à Lui seul que vous les
deviez. On ne Lui attribue que la mauvaise fortune, et l'on croit
ne devoir la bonne qu'à soi-même. Il faut pourtant tôt ou tard
payer nos dettes, et se mettre dans l'esprit qu'il ne nous envoie
point dans ce monde pour être heureux.
Recevez votre affliction comme une expiation des fautes auxquelles
nous sommes tous sujets en cette vie, et comme un gage du bonheur
que dieu vous prépare dans une autre. H vous reste un fils;
donnez tous vos soins à en faire un aussi honnête homme que vous:
en un mot, consolez-vous avec celui qui vous reste, et priez pour
celui que vous n'avez plus.
Vous serez peut-être surpris de recevoir de pareils conseils d'un
faiseur d'épigrammes; mais, dieu merci, j'en ai porté la peine, et
je m'estimerais malheureux, si je n'en avais pas été puni."
JEAN-BAPTISTE ROUSSEAU A Mf. BOUTET.
1724.
• Je vous aurais prévenu. Monsieur, et vous auriez reçu, il y a
longtemps, mes compliments à l'occasion de la nouvelle année, si
la distinction des temps faisait quelque chose à mon amitié, et si
j'étais de ces gens qui ont besoin de lire l'almanach pour savoir
quand et comment ils doivent aimer leurs amis. Je ne connais
point de jour dans l'année où je ne fasse des vœux pour votre
satisfaction; le reste est un pur cérémonial que je laisse aux Italiens,
me contentant de la réalité, et convaincu par mille expériences que