Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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plètement battus, et l'année suivante ils furent obligés
d'évaeuer Oviédo.
Les sueeesseurs de Pelage continuèrent la lutte qu'il
avait commencée avec tant de succès, et reprirent les
provinces espagnoles les unes après les aaitres; mais le
territoire de Grenade resta entre les mains des Infidèles.
Situé dans la partie méridionale de l'Espagne, ce
royaume célèbre comptait, à l'époque de l'avénemejit de
Ferdinand V, dit le Catholique (1474), quatorze villes et
près de cent forteresses. D'un côté il était borné par la
Méditerranée, de l'autre par des monts escarpés, mais
coupés par des vallées profondes, d'un aspect aussi riant
que le sol en était fertile.
Au centre du royaume s'élevait Grenade, ville bâtie au
pied de la sierra Névada, sur les flancs de deux mon-
tagnes entre lesquelles coule le Xenil. Sur l'une de ces
hauteurs on voyait une forteresse redoutable, sur l'autre
le royal palais de l'Alhambra. Fondé par un des rois
maures, depuis que le siège de l'empire avait été trans-
féré de Cordoue à Grenade, ce palais devint la résidence
favorite d'une longue suite de princes qui l'enrichirent
des dépouilles des vaincus et avec un luxe tout à fait
oriental. Encore aujourd'hui, on ne peut errer au milieu
de ces cours désertes et silencieuses, de ces salles en
ruine, où se promenaient, il y a quatre siècles, les sou-
verains de Grenade, sans être frappé d'étonnement à la
vue des somptueux ornements qu'on y avait prodigués à
l'infini, et qui ont conservé leur fraîcheur et leur beauté
en dépit des ravages du temps.
Ainsi que l'Alhambra, les maisons des particuliers of-
fraient dans leur intérieur des cours rafraîchies par des
fontaines et des jets d'eau, et plantées de bosquets qui
remplissaient l'air du plus doux parfum. Placées en am-
phithéâtre les unes au-dessus des autres, ces maisons don-
naient à la ville l'air et la forme d'une grenade entr'ou-
vcrte, d'où lui est venu son nom. L'ensemble était
entouré de hauts remparts de trois lieues de circuit, avec
douze portes et plus de mille tours fortifiées.
Autour de Grenade s'étendait la magnifique Vega, plaine
immense et semblable à un jardin de délices. Aussi loin
que le regard pouvait atteindre, on apercevait tout ce que
la nature a de plus beau, de plus pittoresque. Les col-
lines étaient couvertes de vignobles, les champs d'épis
ondoyants. Là croissaient en profusion les orangers, les