Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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que vers un seul et même objet; on attend l'ennemi, on
le guette, on veille. Les vigies se succèdent et rivali-
sent d'attention. „Tout à coup", dit M. de la Landelle
dans la description d'une de ces pêches, „une voix a
crié: Baleine! Un tumulte effroyable suit ce signal; les
marins se jettent dans leurs canots; chaque canot con-
tient ordinairement six hommes. Ils s'approchent du cé-
tacé à force de rames; le harponneur, qui est sur l'avant,
se lève et lance le harpon qu'il tient à la main. Le
monstre n'est pas plus tôt frappé, qu'il plonge en tirant
la corde, et il entraînerait infailliblement le canot avec
lui, si les pêcheurs n'avaient eu soin de se munir d'un
monceau de cordes, divisé en quatre ou cinq rouleaux,
dont chacun en contient depuis quatre-vingts jusqu'à cent
brasses, et dont le premier tient à la corde du harpon.
A mesure que la baleine s'enfonce, on lâche plus de
corde, et si le canot n'en a pas assez, on a recours à
celle des autres. On met un soin extrême à empêcher
la corde de se mêler, car autrement, lorsque la baleine
s'enfonce, elle ferait chavirer l'embarcation. La corde
doit filer directement par le milieu du canot, et le har-
ponneur mouille sans cesse le bord qu'elle touche en pas-
sant, de peur qu'un mouvement si rapide n'y mette le feu.
Des baleines qui remontent en vie sur l'eau, les unes
paraissent seulement étonnées, d'autres sont farouches et
furieuses; on a besoin d'une extrême précaution pour s'en
approcher, car pour peu que le temps soit serein, une
baleine entend les mouvements des rames. Dans cet état
on lui lance un harpon, quelquefois deux; oi'dinairement
elle replonge; cependant quelques-unes se mettent à nager
au niveau de l'eau, en agitant la queue et les nageoires.
Les baleiniers sont souvent exposés à de grands dan-
gers. Parmi les nombreux exemples qu'on en pourrait
citer, nous choisirons le fait suivant, raconté par Sco-
resby: „Pendant que le capitaine Lyons était, en 1802,
occupé à la pêche de la baleine sur les côtes du Labra-
dor, il aperçut à peu de distance de son bâtiment une
énorme baleine; quatre canots se mirent aussitôt à sa
poursuite, et deux parvinrent à s'en approcher de si près,
qu'elle fut frappée au même moment de deux harpons.
La baleine coula à peu de distance dans la direction d'un
troisième canot, et quand elle reparut pour respirer, elle
souleva l'embarcation avec son énorme tête et la fit sauter
à plus de quinze pieds en l'air avec les hommes qui la