Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
83
son ami Frédéric, duc d'Autriche, et un petit nombre de
barons fidèles, alla se jeter dans une barque qui devait
les transporter en Sicile, où ils espéraient encore trouver
des amis, lorsqu'ils furent saisis par un homme auquel
ils avaient demandé l'hospitalité, et livrés à leur ad-
versaire.
Vous jugez quelle fut la joie du vainqueur lorsqu'il
vit entre ses mains celui dont la seule approche avait
failli lui arracher sa couronne. Dès ce moment, on dressa
le procès de l'usurpateur Conradin avec toutes les formes
usitées de la justice. Charles appela de toutes les parties
du royaume de Naples des juges guelfes, pour former un
tribunal chargé de prononcer sur le sort de ce prince.
Cependant parmi les juges que Charles d'Anjou avait
choisis, il n'y eut qu'un seul qui osât prononcer la peine
capitale contre Conradin et ses amis, pour avoir porté
les armes contre le pape, dépouillé les églises de Eome
de leurs trésors, et usurpé le royaume de Naples; tous
les autres se refusèrent à se souiller d'un crime semblable.
Le jeune captif jouait aux échecs avec son cher Fré-
déric, lorsqu'on vint lui apprendre l'arrêt qui les condam-
nait à ])erdre la vie. A l'instant même, on les conduisit
sur la place publique de la ville de Naples, où les bour-
reaux attendaient leurs victimes sur un échafaud élevé
tout exprès au bord de la mer. Une foule immense cou-
vrait le rivage, morne et consternée; Charles lui-même
était présent, avec toute sa cour, comme s'il eût craint
que sa triste proie n'échappât à sa vengeance.
Lorsque chacun eut pris la place qu'il devait occuper
dans cette sinistre assemblée, un silence profond s'établit
sur toute la plage, et le juge jn'ovençal qui avait voté la
mort de Conradin, lut la sentencejwrtée contre lui comme
traître à la couronne et ennemi de l'Eglise ; mais à peine eut-il
achevé cette lecture, à laquelle personne ne répondit, que
Robert de Flandre, le propre gendre de Charles, s'élança
sur le juge inique, et le frappant à la poitrine de l'estoc
qu'il tenait à la main, s'écria: „11 ne t'appartient pas,
misérable, de condamner à mort si noble et si gentil sei-
gneur!" Le juge tomba sur la place, et jusqu'à Charles
lui-même, tout le monde le vit expirer sans compassion.
Cependant Conradin, déjà environné des bourreaux,
détacha lui-même son manteau, pour que leurs mains
impures ne le touchassent point, du moins tant qu'il
vivrait. Après avoir fait à genoux une courte prière,
(i*