Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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qu^avec des signes de respect et de soumission, quoiqu'ils
ignorassent comme les autres son nom et sa dignité; le
gouverneur du château où il était enfermé, n'approchait
de son prisonnier que le chapeau à la main, et ne lui
refusait rien de ce qui pouvait lui être agréable ou utile.
Ce gouverneur savait probablement quel était ce mysté-
rieux captif, mais il aurait mieux aimé mourir que de
laisser pénétrer un secret si important.
L'homme au masque de fer, quel qu'il fût, passait bien
tristement sa vie entre quatre murailles, d'où il ne sor-
tait que rarement pour se promener sur la plate-forme
d'une tour élevée, où il était constamment accompagné
du gouverneur, et surveillé par des gardes; c'était alors
surtout que son visage était couvert du redoutable masque.
Toutes les douceurs, tous les respects dont il était en-
touré, lui semblaient à charge, et il ne désirait que la
liberté, le seul bien qu'il ne devait jamais connaître.
Pendant un grand nombre d'années cet inconnu fut
enfermé 'dans un château situé aux îles Marguerite, sur
la Méditerranée et à peu de distance des côtes de France;
de l'étroite croisée de sa prison il voyait les flots de la
mer battre le pied de la tour qu'il habitait, et les vais-
seaux passer rapidement à la vue de son tiiste séjour:
c'était là son unique amusement, quoiqu'il ne manquât
pas de livres et d'instruments de musique, d'où il savait
tirer des sons mélodieux, mais toujours tristes; rien ne
lui paraissait digne d'envie comme le sort des matelots
qui, sur un frêle navire, allaient parcourir le monde
entier, tandis que toute son existence, à lui, devait se
consumer dans une chambre de dix pas de longueur.
Un jour, il conçut le désir de faire connaître son sort
à quelque être humain, non pas dans l'espoir d'être dé-
livré , mais parce que les malheureux éprouvent du sou-
lagement à savoir que quelqu'un compatit à leur peine.
Comme on ne lui laissait ni plume, ni encre, ni crayon,
il prit un des plats d'argent dans lesquels on lui servait
ses repas, et y grava, avec la pointe d'un couteau, son
nom et l'histoire de sa vie.
Cela fait, il profita d'un moment où il se trouvait seul
pour jeter à travers les barreaux de sa croisée le plat
d'ai'gent qui tomba dans la mer.
A quelque temps de là, un pêcheur qui avait tendu
ces filets non loin du pied de cette tour, fut tout étonné,
en les retirant, d'y trouver quelque chose de pesant: