Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Quelqu'un exprima un jour sa surprise à Fontenelle
(1657—1757) de ce qu'il n'avait pas d'ennemis, et lui
demanda: „De quelle manière opérez-vous ce miracle?"
— Par moyen de deux petites phrases que j'ai coutume
d'avoir à la bouche," reprit Fontenelle, „ce sont: „Tout
est possible", et „tout le monde a raison".
Pic de la Mirandole, célèbre enfant et savant universel,
naquit en 1463 à Mirandole (ville d'Italie, dans le ci-
devant duché de Modène), et mourut à Florence, l'an 1494.
A l'âge de dix ans il était réputé pour un des poètes et
des orateurs les plus distingués de l'Italie. Un homme
sot et jaloux dit un jour devant lui, quand il n'avait
encore que neuf ans, que les hommes qui montrent beau-
coup d'esprit dans l'enfance, deviennent fort stupides
dans un âge i)lus avancé. „11 faut donc", reprit le petit
jeune homme, „que vous ayez eu infiniment d'esprit dans
votre jeunesse".
Du temps qu'on persécutait les protestants en France,
un ambassadeur d'Angleterre demanda à Louis XIV la
liberté de ceux qui étaient aux galères à cause de leur
religion. „Que dirait le roi de la Grande-Bretagne", ré-
pondit Louis XIV, „si je lui demandais la liberté des
prisonniers de Newgate?" — Sire", reprit l'ambassadeur,
„le roi mon maître l'accorderait à Votre Majesté, si vous
les réclamiez comme vos frères".
Louis le Gros (1081—1137), roi de France, s'étant
laissé transporter de l'ardeur de son courage dans une
bataille contre les Anglais, se trouva sans s'en aperce-
voir au plus fort de la mêlée.
Un soldat anglais l'ayant reconnu, prit le cheval du
roi par la bride et se mit à crier: „Le roi est pris!"
— Pris!" répondit le sage et valeureux monarque, „ne
sais-tu pas que même aux échecs on ne prend jamais le
roi?" En même temps il lui déchargea sur la tête un
si grand coup de sa hache qu'il l'étendit mort à ses
pieds, et par cette admirable présence d'esprit se tira du
danger presque inévitable de tomber entre les mains des
ennemis.