Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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mêlée d'orgueil cette vieille capitale de la Moscovie,
moitié européenne, moitié orientale, avec ses liuit cents
églises, ses mille clochers, ses nombreux palais, ses obé-
lisques et ses dômes superbes, tout resplendissants d'or et
d'argent. „Moscou, Moscou!" s'écriaient les soldats en
battant des mains. Hélas! cet enthousiasme devait être
de peu de durée ! . ...
Moscou était presque déserte. Le gouverneur Rostop-
schin avait pris la résolution désespérée de livrer l'an-
cienne métropole à la fureur des flammes, et la noblesse
s'était résignée à cet acte de patriotisme qui rappelle les
plus sublimes dévouements des âges passés, et qui devait
sauver la Eussie du joug de l'étranger. La ville sainte,
les antiques tours du Kremlin, saluées pendant tant de
siècles comme le palladium') de la liberté, devaient être
abandonnées. Les immenses richesses que le commerce
de l'Europe et de l'Asie y avait amassées, seraient sacri-
fiées au salut de la patrie, à l'indépendance de la Mos-
covie; il le fallait, et à peine les Français avaient-ils
fait leur entrée dans Moscou, à peine Napoléon avait-il
mis le pied dans le palais des czars, que l'ordre du gou-
verneur est accompli: l'incendie éclate de toutes parts,
attisé sans cesse par des soldats de la police russe, qui,
bravant le sabre des invahisseurs, portent partout des
brandons enflammés. Les flammes, agitées par les vents,
s'élèvent jusqu'aux nues; tous les quartiers sont embra-
sés; les tours du Kremlin menacent de s'écrouler sous
les pas de l'empereur, qui n'a que le temps de se sauver
à la hâte. Moscou n'est plus qu'un vaste brasier, qu'un
amas de cendres et de ruines, au milieu desquelles l'ar-
mée ennemie établit, comme elle peut, de misérables
cantonnements, tandis que les acteurs de la Comédie-
Française, mandés à grands frais de Paris pour plaire à
Napoléon, montent leur théâtre sur des cendres encore
tièdes. Jusqu'au 18 octobre, l'empereur et son armée
restèrent dans la ville dévastée, et alors celui devant
lequel avait tremblé jusqu'ici l'Europe entière, commença
une retraite qui lui coûta une armée comme les temps
modernes n'en avaient jamais vu.
') Pr. pal-la-di-om\