Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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chait de mettre le bateau en mouvement. Mes amis
s'étaient formés en groupes sur le pont; l'anxiété et la
peur régnaient au milieu d'eux. Ils étaient taciturnes,
tristes, abattus. Dans leurs regards je ne lisais que
désastres, et je commençais presque à me repentir de
mes efforts.
Le signal est donné ! le bateau marche un peu de
temps, ensuite il s'arrête; il est impossible de le faire
avancer. Alors au silence du moment précédent succè-
dent les murmui'es de mécontentement l'agitation, les
chuchotements, les haussements d'épaules. Il m'était fa-
cile d'entendre répéter de tous côtés: „Je vous disais
bien qu'il en sei'ait ainsi! C'est l'entreprise d'un fou! Je
voudrais bien que nous fussions hors d'ici".
Je montai sur une plate-forme et je m'adressai à l'as-
semblée. Je priai les spectacteurs de demeurer tranquilles
et de me donner une demi-heure, après quoi, ou je les
ferais avancer, ou je laisserais là le voyage pour cette
fois. On m'accorda sans objection le peu de délai que
je demandais. Je descendis dans l'intérieur du bâtiment,
je visitai la machine, et je découvris que ce qui empê-
chait de marcher, provenait du faible obstacle d'une pièce
mal adaptée. Il ne fallut qu'un instant pour le faire
disparaître; le bateau fut remis en mouvement et continua
sa route. Cependant tout le monde restait encore dans
l'incrédulité ; on craignait de se rendre à l'évidence. Nous
quittâmes la belle cité de New-York, nous montâmes le
large Hudson, nous traversâmes les sites pittoresques
des hautes terres; nous découvrîmes les maisons d'Al-
bany, nous touchâmes ses rivages. Eh bien! dans ce
moment même, quand tout semblait achevé, il était dit
que je serais encore victime du désappointement. L'ima-
gination ne se rendait pas à l'évidence du fait, on dou-
tait si la même expérience pourrait être faite une seconde
fois; ou, si elle venait à réussir, on doutait qu'on dût
en retirer une grande utilité."
La grande armée à Moscou.
1812.
Le 14 septembre, l'armée française, du haut des col-
lines qui la couronnent, put contempler avec une joie