Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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le mouvement de la terre qu'il avait prouvé avec évi-
dence; témoin enfin le célèbre ingénieur américain Fulton,
inventeur des bateaux à vapeur (1807).
Voici le récit de ses premiers essais que nous a fait
un de ses amis :
„J'ai", dit ce narrateur, „entendu de mes propres
oreilles l'illustre inventeur des bateaux à vapeur raconter
avec chaleur et intérêt l'histoire de ses travaux et de
ses découragements. Lorsque je construisis, à New-York,
mon premier bateau à vapeur, disait Fulton, il n'y avait
dans le public que deux manières de considérer mon entre-
prise, avec indifférence ou avec dédain. On la regardait
comme l'œuvre d'un visionnaire. Mes amis étaient tou-
jours fort honnêtes avec moi, mais ils se tenaient dans
une réserve désespérante. Ils écoutaient avec patience
mes explications, mais leur contenance indiquait l'incré-
dulité la plus complète. Comme j'avais l'occasion tous les
jours de parcourir le chantier où mon bateau était en
construction, je prenais assez souvent le plaisir de m'ap-
procher, sans me faire connaître, des groupes d'étrangers
oisifs qui se formaient en petits cercles, et j'écoutais les
différentes questions qu'on s'adressait sur le but du nou-
veau bâtiment. La règle générale était d'en parler avec
mépris, d'en plaisanter, ou de le tourner en ridicule.
Que de longs éclats de rire à mes dépens! que de bons
mots ! que de sages calculs sur les pertes et les dépen-
ses! On ne parlait que de la folie de Fulton. Jamais,
pour faire diversion, je n'entendais la moindre observa-
tion qui pût m'encourager, l'expression d'un vœu, ou la
manifestation de quelque espoir. Le silence même n'était
qu'une froide politesse, cachant tous les doutes et cou-
vrant tous les reproches.
Enfin le jour de l'épreuve arriva. J'invitai un grand
nombre d'amis à venir à bord pour être témoins de mon
succès. Quelques-uns se rendirent à mon invitation par
égard pour moi; mais il était facile de voir qu'ils ne le
faisaient qu'avec répugnance, dans la crainte de partager
mes mortifications plutôt que mon triomphe. De mon
côté, je m'avouai bien à moi-même que, dans le cas pré-
sent, il y avait plusieurs raisons de douter du succès.
La machine était neuve et mal faite; les mécaniciens
étaient peu faits encore à ce genre de travail, et l'on
pouvait raisonnablement présumer que d'autres causes
feraient naître des difficultés imprévues. Le moment appro-