Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
70
Qui demande conseil a déjà pris parti,
Et c'est l'intérêt seul qui le donne ou le prise.
S'il contrarie, on le méprise;
S'il flatte notre idée, on lui répond merci:
Mais, si Dieu ne s'en mêle, on n'en fait qu'à sa guise.
V i e n n e t.
Mort de Socrate.
Socrate, le plus savant, le plus juste et le plus sage
des Grecs, naquit à Athènes, l'an 469 avant J.-C. La
liberté de ses discours et la sublimité de son génie lui
suscitèrent de nombreux ennemis. Sous le gouvernement
des trente tyrans, Mélitus, Anitus et Lycon l'accusèrent
d'impiété et de corrompre la jeunesse, c'est-à-dire, de la
porter à ne pas croire à la religion de l'Ëtat. L'accusation
était légale, sinon légitime et juste, et Socrate fut con-
damné à mort par le conseil des cinq-cent.
Les Athéniens venaient de condamner à mort Socrate,
et le dernier jour du grand philosophe était près de finir,
lorsque Criton, un de ses disciples, demanda à son maître
s'il n'avait rien à lui ordonner. „Je n'ai rien à vous
prescrire", répondit le digne vieillard, „que de vous en-
richir de vertus, car c'est là le plus grand de tous les
biens, et le seul que l'on doive envier".
Peu d'instants après, il embrassait tendrement ses
trois jeunes enfants, que l'on avait amenés pour la der-
nière fois auprès de lui, lorsque le gardien de la prison
vint lui présenter en pleurant la coupe qui contenait le
poison. Socrate la reçut d'une main ferme, et .voyant
le gardien détourner les yeux en cherchant à cacher ses
pleiirs qui coulaient malgré lui: „Cet homme a vraiment
bon cœur", dit le sage à ses amis; „depuis que je suis
ici, il est souvent venu m'offrir des consolations, et main-
tenant voyez comme il pleure".
C'était ordinairement au coucher du soleil que ceux
(jui étaient condamnés à boire la ciguë, prenaient le fatal
breuvage; mais Socrate, sans attendre que cet instant fût
venu, prit la coupe et la vida d'un seul trait.
Dans ce cruel moment, tous ceux qui entouraient ce
vertueux vieillard, firent retentir les voûtes de la prison