Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Après avoir de nouveau imploré le secours du Ciel,
cet infortuné est soudain inspiré: il recourt au seul ami
qui ait pu le suivre, et cet ami, c'était son chien. En
lui montrant le rivage, il lui met une clé dans la gueule :
ce fidèle animal s'élance dans les flots, et, par des efforts
inouïs, parvient, malgré l'obscurité et le clioe des vagues,
à gagner la plage. Là, par ses hurlements, il appelle au
secours de son maître. La tempête s'étant un peu apaisée,
et l'horizon commençant à s'éclaircir, le fidèle et intel-
ligent animal, guidé par quelques faibles rayons de la
lune, se dirige vers une ferme qu'il aperçoit de loin, et
se met à hurler de nouveau. Le maître de la métairie,
prenant ces hurlements pour ceux d'un loup, s'arme d'un
fusil et sort; mais quel est son étonnement à la vue d'un
chien qui le regarde avec des yeux suppliants, et qui
semble implorer son aide! La clé qu'il découvre, con-
firme ce brave homme dans l'opinion que quelque nau-
fragé réclame l'appui d'un être compatissant. Il éveille
son valet et l'emmène avec lui, conduit par le chien qui
les précède. Arrivé au lieu du naufrage, cet excellent
animal se met à caresser nos deux paysans, en leur indi-
quant de l'œil son malheureux maître, qui répond par
des cris de désespoir aux hurlements inquiets de son fidèle
compagnon. Ces bons paysans réfléchissaient aux moyens
de sauver le capitaine, lorsque le chien, s'emparant d'une
menue corde qu'ils avaient apportée, se met à la tirer
vers la mer. Frappés de cette action, qui devient pour
eux un trait de lumière, ils lâchent la corde qu'ils re-
tiennent par l'autre extrémité. Le chien aussitôt s'élance
dans les flots, où vingt fois il est sur le point d'être englouti.
La voix suppliante de son maître lui donne de nouvelles
forces et le fait triompher de tous les obstacles ; il aborde
enfin sur le rocher, et témoigne à celui auquel il est si
tendrement attaché toute la joie qu'il éprouve à le voir.
Mais il n'y avait pas un seul instant à perdre, la marée
allait les submerger. Le capitaine saisit la corde, s'y lie
fortement, et fait signe aux paysans de tirer à eux; il
se précipite dans la mer, suivi de l'intrépide animal qui
lui sauvait la vie. Meurtris et expirants de fatigue, le
capitaine et son chien arrivèrent enfin au rivage. Nos
deux paysans les transportèrent à la ferme, et là ils pro-
diguèrent à leur hôte et à son intéressant compagnon tous
les soins dont l'un et l'autre avaient un si pressant besoin.