Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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La vallée empoisonnée.
Vers la fin du dix-huitième siècle, les voyageurs par-
lèrent d'un arbre fort extraordinaire, unique en son espèce,
dont la sève était un poison terrible: on le nommait w^as
ou boom upas, arbre-poison. On en donna la description;
on dit comment les crinunels condamnés à mort étaient
seuls chargés d'en recueillir le suc mortifère; comment la
quantité la plus petite possible suffisait pour tuer immé-
diatement les plus gros animaux. Bref, on en dit beau-
coup de choses que l'on crut vraies; et il se trouva,
après plus ample examen, que l'arbre merveilleux n'exis-
tait pas. Ce qu'il y avait de vrai seulement dans ces
rapports exagérés, c'est que le suc qui découle de Vupas
est très-vénéneux, et que les Indiens le font entrer dans
un mélange des sucs de diverses plantes dont ils se ser-
vent pour empoisonner leurs flèches. A beau mentir qui
vient de loin, dit le proverbe; les voyageurs se sont sou-
vent moqués de nous; il faut se méfier d'eux quand ils
nous racontent des merveilles. Doutez donc un peu de
toute la vérité de la petite histoire que je vais vous ra-
conter. Cependant le nom du voyageur donne quelque
confiance, et ce qu'il rapporta n'a rien de contraire à ce
que les sciences physiques nous ont appris jusqu'à ce
jour. Voici le fait.
La Société royale de géographie de Londres a fait con-
naître, dans ces derniers temps, une lettre de M. Alexandre
Loudon, sur la visite faite par lui d'une petite vallée,
située dans l'île de Java, et remarquable par la propriété
mortifère qu'exerce son atmosphère sur tous les êtres
vivants. Ce fut le 4 juillet dernier que M. Loudon se
mit en marche pour la visiter. Une voie, pratiquée dans
la montagne qui l'avoisine, permet, en se tenant à des
arbres qui en bordent le penchant, d'approcher sans dan-
ger à quelques pas. De cet endroit, et munis de cigares
qu'ils tenaient constamment allumés à la bouche, nos
visiteurs découvrirent le fond de la vallée, dont la cir-
conférence est d'un demi-mille, de forme ovale, et d'une
profondeur de 35 à 40 pieds. Le sol en est uni, par-
semé de pierres et privé de toute végétation. On aper-
cevait çà et là quelques squelettes humains: ce sont pro-
bablement ceux des rebelles qui, dans les guerres contre
Diépo Négoro, mis en fuite par nos troupes, s'étaient
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