Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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„Homme téméraire, quel dessein t'a conduit dans ces
lieux? Si ta raison t'empêchait de croire que ceux qui les
habitent fussent des êtres surnaturels, ne devais-tu pas
du moins juger qu'ils avaient un intérêt puissant à n'être
point connus? En découvrant qui nous sommes, tu t'es
perdu sans ressource: ton entrée dans ce souterrain est
ton arrêt de mort". — La mort ne m'effraie point",
répliqua Turenne; „apprenez à qui vous avez affaire; je
suis Turenne, et considérez qu'en attentant à mes jours,
vous vous perdez aussi vous-mêmes sans ressource: si je
ne reparais pas, on viendra à ma recherche; et vous
savez quel sort la justice vous réserve,. .— Puisque
tu es Turenne", reprit le chef de la bande, „nous savons
que nous avons affaire à un homme d'honneur, et nous
allons te le prouver en nous confiant à ta discrétion.
Donne-nous ta parole de ne point parler de nous avant
six mois, et nous te laissons la vie sauve". — Je vous
le promets", reprit Turenne. — „Turenne songera",
ajouta le chef, »que s'il trahit sa parole, en quelque
lieu qu'il soit et quelque précaution qu'il prenne, sa mort
ne tardera pas à venger la nôtre".
Après cela, on accorda à Turenne de sortir librement
du château. Le général alla rejoindre ses gens, à qui
il dit qu'il avait vu des choses effrayantes dans ce châ-
teau, et qu'on ne pouvait point y entrer sans risquer de
perdre la vie: ce en quoi il ne mentait point.
Environ un an après cette aventure, Turenne donnait
chez lui un grand repas, lorsqu'on vint lui remettre une
lettre qu'un étranger à cheval venait d'apporter. Cette
lettre était ainsi conçue : „Les esprits et fantômes du châ-
teau de .... ont l'honneur de faire savoir à M. de Tu-
renne qu'ils sont redevenus de paisibles habitants de la
terre. Ils le prient de vouloir bien accepter la riche
monture qu'ils lui envoient, comme une preuve de leur
gratitude pour le secret qu'il leur a gardé".
Effectivement le messager avait attaché dans la cour
un cheval superbement harnaché, et avait disparu. Tu-
renne, qui avait pour ainsi dire oublié cette aventure,
la raconta alors à ses convives.