Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
60
Les montagnes les plus considérables du royaume de
Portugal ont été ébranlées. Quelques-unes se sont entr'-
ouvertes. Il s'en est détacbé, par intervalles, des par-
ties qui ont causé beaucoup de dommage dans les vallées
adjacentes, où elles sont tombées.
Il n'y a aucune ville de ce royaume qui n'ait souffert
plus ou moins des effets de ce tremblement de terre.
Braga et Coimbre ont été extrêmement maltraitées, sur-
tout la dernière. Du reste, cette épouvantable catastrophe
ne se borna pas au seul royaume de Portugal: les trem-
blements ont aussi fait de grands ravages en plusieurs
endroits de l'Afrique. On a appris de Maroc, que le
1" novembre 1755, au même jour et à la même heure
que ce fléau s'était fait sentir en Portugal, on y a senti
des secousses si violentes que la plupart des maisons et
des édifices publics de cette ville ont été totalement ren-
versés, et qu'un grand nombre d'habitants ont été ense-
velis sous les ruines.
Le rat de ville et le rat des champs.
Un jour le rat des champs, ami du rat de ville.
Invita son ami dans son rustique asile.
Il était économe et soigneux de son bien:
Mais l'hospitalité, leur antique lien,
Fit les frais de ce jour, comme d'un jour de fête;
Tout fut prêt, lard, raisin, et fromage, et noisette.
Il cherchait par le luxe et la variété
A vaincre les dégoûts d'un hôte rebuté ,
Qui, parcourant d'un œil sa table officieuse,
Jetait sur tout à peine une dent dédaigneuse ;
Et lui, d'orge et de blé faisant tout son repas.
Laissait au citadin les mets plus délicats.
„Ami", dit celui-ci, „veux-tu dans la misère
Vivre au dos escarpé de ce mont solitaire,
Ou préférer le monde à tes tristes forêts?
Viens; crois-moi, suis mes pas, la ville est ici près:
Festins, fêtes, plaisirs y sont en abondance.
L'heure s'écoule, ami, tout fuit, la mort s'avance;
Les grands ni les petits n'échappent à ses lois:
Jouis et te souviens qu'on ne vit qu'une fois".
Le villageois écoute, accepte la partie;
On se lève: et d'aller tous deux de compagnie;