Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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Quand un rat, qui de loin entendait la dispute.
Rat savant, qui mangeait des thèmes dans sa hutte,
Leur cria: „Je vois bien d'où viennent vos débats:
L'Égypte vénérait les chats;
Athènes, les hiboux; et Rome, au Capitole,
Aux dépens de l'Etat nourrissait des oisons.".
Ainsi notre intérêt est souvent la boussole
Que suivent nos opinions.
PI ori an.
Tremblement de terre de Lisbonne,
ler novembre 1755.
Le jour de la Toussaint on a senti dans tout le Por-
tugal, et surtout dans la ville de Lisbonne, capitale de ce
royaume, le plus fort tremblement de terre dont on ait
jamais entendu parler. Cette ville, qui alors était une
des plus riches de l'Europe, fut en peu d'heures un tas
de décombres sous lesquels ont été enterrées plus de
seize mille personnes toutes vivantes.
Ce tremblement a commencé à neuf heures du matin.
Les maisons se sont ouvertes de tous côtés, les murs
sont tombés, les planchers se sont affaissés les uns sur
les autres. Il semblait qu'on fût au jour du jugement
dernier, et qu'il ne dût pas rester pierre sur pierre. Les
personnes qui étaient encore au lit, entendant le bruit
terrible des murs qui s'écroulaient les uns sur les autres,
et sentant leurs maisons secouées, en sortirent au plus
vite. La plupart des malheureux habitants, n'ayant pu
parvenir jusqu'à la porte, ont été écrasés par leurs propres
demeures. Ceux qui étaient assez heureux pour gagner
la rue, couraient de toutes leurs forces pour sortir de la
ville. On ne pourra jamais se représenter la tristesse et
l'horreur de ce spectacle, dont le récit fait frémir. Des
hommes et des femmes de tout état étaient comme égarés
dans les rues, les uns habillés, c'étaient les bourgeois
et le peuple; les grands seigneurs étaient presque tous,
ainsi que leurs épouses, en chemise. Dans ce moment
de désolation on ne pensait qu'à fuir. De quelque côté
qu'on portât les yeux, on voyait des maisons tomber et
ensevelir sous leurs ruines une infinité de personnes qui