Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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vent. Charles passa environ trois années de la sorte.
Une superstition servile et craintive abattait tellement
son âme qu'il ne goûtait plus aucun plaisir; son unique
vœu était d'être tout à fait moine; il n'y avait que des
personnes de l'ordre qui osassent s'approcher de lui. Pour
obtenir la rémission des péchés, il se donnait secrètement
la discipline avec tant de force, qu'après sa mort on
trouva dans sa cellule la corde dont il se servait à cet
effet, toute teinte de sang. Toutes ces œuvres de péni-
tence ne suffisaient point à Charles, il lui fallait des
choses tout à fait extraordinaires. Une idée qu'il exé-
cuta, est unique dans son espèce. Il prit la résolution
de faire célébrer ses propres funérailles, même avant sa
mort. On dressa à cet effet un catafalque dans la cha-
pelle du couvent. Ses domestiques, au nombre de douze,
tenant chacun un flambeau noir à la main, s'avancè-
rent deux à deux, et Charles lui-même les suivit dans
son linceul. On le mit dans le cercueil, en présence de
tous les membres de la communauté, et avec beaucoup
de cérémonies; on chanta sur lui une messe de requiem i),
pendant laquelle il pria et pleura, de même que tous les
assistants. La cérémonie se termina selon l'usage par
une aspersion d'eau bénite qu'on fit sur le cercueil,
après quoi les assistants se retirèrent, et les portes delà
chapelle furent fermées. Charles sortit alors de son cer-
cueil et se retira dans sa chambre, oii l'affaiblissement
qu'il avait souffert pendant cette singulière cérémonie, et
peut-être aussi les sombres pensées qu'il nourrissait, l'atta-
quèrent avec tant de violence qu'il fut saisi d'une fièvre
ardente, qui mina entièrement le peu de forces que lui
avaient laissées ses douleurs, et avança le moment de sa
mort, arrivée le 21 septembre 1558, la cinquante-huit-
ième année de son âge
Pr rékni-u
L'authenticité de cette petite histoire est contestable. Moileg
en fait mention dans une note sans l'affirmer ni la nier.
Tout ce qu'on peut dire, c'est que Charles-Quint, dans son mo-
nastère comme sur le trône, s'occupait de politique, préférablement
à tonte chose, et que son séjour à Saint-Just a souvent été dramatisé.