Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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maudissent leur père et leur mère, doivent être mis à
mort; qu'à la vérité David avait pardonné à son fils
Absalon révolté contre lui, mais que Dieu n'avait pas
pardonné à Absalon. Tel fut leur avis sans rien con-
clure; mais c'était en effet signer un arrêt de mort.
Alexis n'avait, à la vérité, jamais maudit son père, et
ne s'était point révolté comme Absalon; il avait écrit à
ses amis des lettres, par lesquelles il marquait seulement
(ju'il espérait qu'on se souviendrait un jour de lui en
liussie. Cependant de cent vingt-quatre i) juges séculiers
([u'on lui donna, il ne s'en trouva pas un qui ne conclût
à la mort; et ceux qui ne savaient pas écrire, firent
signer les autres pour eux. Alexis mourut dans son lit
le lendemain de l'arrêt, et le czar avait à Moscou une
des 2)lus belles pharmacies de l'Europe. Il est probable
que le prince Alexis, héritier de la plus vaste monar-
chie du monde, condamné unanimement par les sujets de
son père, qui devaient être un jour les siens, pût mourir
de la révolution que fit dans son corps un arrêt si étrange
et si funeste. Le père alla voir son fils expirant, et l'on
dit qu'il versa des larmes. Mais malgré ces larmes, les
roues furent couvertes des membres rompus des amis de
son fils. Il fit trancher la tête à son propre beau-frère,
le comte Lapuchin, frère de sa femme Ottokésa Lapuchin
qu'il avait répudiée. Le confesseur du prince eut aussi
la tête coupée. Si la Moscovie a été civilisée, il faut
avouer que cette civilisation lui a coûté cher.
Le reste de la vie du czar ne fut qu'une suite de ses
grands desseins, de ses travaux et de ses exploits qui
semblaient effacer l'excès de ses sévérités. Il faisait
souvent des harangues à sa cour et à son conseil. Dans
une de ces harangues il leur dit qu'il avait sacrifié son
fils au salut de ses États.
Après la paix glorieuse qu'il conclut enfin avec la
Suède en 1721, par laquelle on lui céda le Livonie,
l'Estonie, l'Ingermanie, la moitié de la Carélie et du
Vibourg, les états de Eussie lui déférèrent le nom de
Grand, de père de la patrie et d'empereur. Ces états
étaient représentés par le sénat, qui lui donna solennelle-
ment ces titres en présence du ministre de l'empereur,
') Pr. vin devant une consonne, à la fin des phrases, dans la
série de quatre-vingts à cent, et vinte devant une voyelle, et dans
la série de viugt à trente.