Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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avait voulu se révolter, s'il y avait eu en effet un parti
formé en sa faveur, c'était là le temps de se déclarer;
mais au lieu de rester en Eussie et de s'y faire des par-
tisans, il alla voyager de son côté, ayant eu bien de la
peine à rassembler quelques milliers de ducats qu'il avait
secrètement empruntés. Il se jeta entre les bras de l'em-
pereur Charles VI, beau-frère de sa défunte femme. On
le garda quelque temps incognito à Vienne; de là on le
fit passer à Naples où il resta près d'un an, sans que
ni le czar, ni personne en Eussie, sût le lieu de sa
retraite.
Pendant que le fils était ainsi caché, le père était à
Paris, où il fut reçu avec les mêmes respects qu'ailleurs,
mais avec une galanterie qu'il ne pouvait trouver qu'en
France. S'il allait voir une manufacture, et qu'un ouvrage
attirât plus ses regards qu'un autre, on lui en faisait
présent le lendemain. Il alla dîner à Petitbourg, chez
M. le duc d'An tin, et la première chose qu'il vît, fut
son portrait en grand avec le même habit qu'il portait.
Lorsqu'il alla voir la monnaie royale des médailles, on
en frappa devant lui de toute espèce, et on les lui pré-
senta; enfin on en frappa une qu'on laissa exprès tomber
à ses pieds, et qu'on lui laissa ramasser. Il s'y vit
gravé d'une manière parfaite, avec ces mots: Pierre le
Grand.
Le czar, après avoir parcouru la France, retourna dans
sa patrie. Il avait enfin engagé son fils à revenir de
Naples à Pétersbourg; de là ce jeune prince fut conduit
à Moscou devant le czar, son père, qui commença par
le priver de sa succession au trône, et lui fit signer
un acte solennel t) de renonciation; et en considération
de cet acte, le père promit à son fils de lui laisser la
vie. Il n'était pas hors de vraisemblance qu'un tel acte
serait un jour annulé. Le czar, pour y donner plus de
force, oubliant qu'il était père, et se souvenant seule-
ment qu'il était fondateur d'un empire que son fils pou-
vait replonger dans la barbarie, fit instruire publiquement
le procès de ce prince infortuné, sur quelques réticences
qu'on lui reprochait dans l'aveu qu'on avait d'abord
exigé de lui.
On assembla des évêques, des abbés et des professeurs,
qui trouvèrent dans l'Ancien Testament que ceux qui
') Pr. 30-la-nel.
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