Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Vorige scan Volgende scanScanned page
48
Pierre le Grand.
IIP Partie.
Le czarowitz Alexis, fils du czar, qui épousa, dit-on,
comme lui, une esclave, et qui comme lui quitta secrète-
ment la Moscovie, n'eut pas un succès pareil dans ses
deux entreprises, et il en coûta la vie au fils, pour avoir
imité mal-à-propos le père. Ce fut un des plus terribles
exemples de sévérité que jamais on ait donné du haut
d'un trône; mais ce qui est bien honorable pour la
mémoire de l'impératrice Catherine, c'est qu'elle n'eut
point de part au malheur de ce prince, né du pre-
mier mariage de l'empereur, et qui n'aimait rien de ce
que son père aimait; on n'accusa point Catherine d'avoir
agi en marâtre cruelle. Le grand crime du malheureux
Alexis était d'être trop Russe, de désapprouver tout ce
que son père faisait de grand et d'immortel pour la gloire
(le la nation. Un jour entendant des Moscovites qui se
plaignaient des travaux insupportables qu'il fallait endurer
pour bâtir Pétersbourg: „Consolez-vous", leur dit-il, „cette
ville ne durera pas longtemps". Quand il fallait suivre
son père dans ses voyages de cinq à six cent lieues, que
le czar entreprenait souvent, le prince feignait d'être
malade; on le purgeait rudement pour la maladie qu'il
n'avait pas; tant de médecines, jointes à beaucoup d'eau-
de-vie, altérèrent sa santé et son esprit. Il avait eu d'abord
de l'inclination pour s'instruire; il savait la géométrie,
l'histoire et avait appris l'allemand; mais il n'aimait pas
la guerre, ne voulait point l'apprendre, c'est ce que son
père lui reprochait le plus. On l'avait marié à la prin-
cesse de Wolfenbiittel. Ce mariage fut malheureux. La
princesse était souvent abandonnée pour des débauches
d'eau-de-vie et pour Afrosine, fille finlandaise, grande,
bien faite et fort douce. On prétend que la princesse
mourut de chagrin, et que le czarowitz épousa ensuite
secrètement Afrosine.
Les mécontentements entre le père et le fils devinrent
de jour en jour plus sérieux, au point que Pierre menaça
le prince de le déshériter, et que le prince lui dit qu'il
voulait se faire moine.
Le czar, en 1717, renouvela ses voyages par politique
et par curiosité; il alla enfin en France. Si son fils