Boekgegevens
Titel: Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
Auteur: Bruinvisch Maatjes, Adrianus
Uitgave: Zwolle: W.E.J. Tjeenk Willink, 1885
6e éd
Opmerking: II: Classes moyennes
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 6308
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_201348
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Littérature de l'enfance: choix de morceaux, destinés à l'usage des écoles
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doré comme un autel de Rome, avec des provisions de
toute espèce, et tous les gens de l'équipage voulurent
bien se laisser donner; aussi Pierre sur son yacht, dont
il se fit le premier pilote, retourna en Hollande pour
revoir ses charpentiers, et de là il alla à Vienne. Il
voulut aussi aller à Venise et ensuite à Eome; mais il
fut obligé de revenir en hâte à Moscou, sur la nouvelle
d'une guerre civile, causée par son absence et par la
permission de fumer. Les Strélitz, ancienne milice des
czars, pareille à celle des Janissaires, aussi turbulente,
aussi indisciplinée, avaient été excités à la révolte par
quelques moines, moitié grecs, moitié russes, qui leur
avaient représenté combien Dieu était irrité de ce_ qu'on
prit du tabac en Moscovie, et qui avaient mis l'État en
combustion pour cette grande querelle. Pierre avait aus-
sitôt pris ses mesures. Il avait une armée disciplinée,
composée presque toute d'étrangers bien armés, bien
payés, et qui fumaient presque tous.
Alors ses armées furent mises sur le pied de celles
des princes européens ; il fit bâtir des vaisseaux par ses
Anglais et ses Hollandais. Il embellit les villes, pourvut
à leur sûreté, fit de grands chemins de cinq cents lieues,
établit des manufactures de toute espèce; et ce qui prouve
la profonde ignorance où vivaient les Eusses, la première
manufacture fut d'épingles. On fait actuellement des ve-
lours et des étoffes d'or et d'argent à Moscou. Tant est
puissante l'influence d'un seul homme, quand il est maître
et qu'il sait vouloir.
La guerre qu'il fit à Charles XII, pour recouvrer les
provinces que les Suédois avaient autrefois conquises sur
les Eusses, ne l'empêcha pas, toute malheureuse ^qu'elle
fut d'abord, de continuer ses réformes dans l'État et
dans l'Eglise; il déclara à la fin du 1699, que l'année
suivante commencerait au mois de janvier, et non au
mois de septembre. Les Eusses, 'qui pensaient que Dieu
avait créé le monde en septembre, furent étonnés que leur
czar fût assez puissant pour changer ce que Dieu avait
fait. Cette réforme commença avec le siècle en 1700,
par de grandes fêtes publiques. A cette occasion le czar
supprima la dignité de patriarche, et en faisait les fonc-
tions. Cependant il n'est pas vrai qu'il ait, comme on l'a
dit, mis son patriarche aux petites-maisons de Moscou.
Il avait coutume, quand il voulait se réjouir en punissant,
de dire à celui qu'il châtiait ainsi: „Je te fais fou"; et